Nicolas Sarkozy, ça suffit.

L’ancien président de la République a organisé son incarcération comme un spectacle ; en soi, c’est scandaleux. Que ses thuriféraires se rassemblent est indécent.

Mais que les médias se prêtent à cette mise en scène est inacceptable.

Le journalisme a des règles ; les journalistes doivent respecter la hiérarchie de l’information et donner une information complète, vérifiée et mise en perspective.

Dans le scénario écrit par Nicolas Sarkozy, son entourage, ses piètres avocats et les médias, un élément, qui n’est pas un détail, a été oublié : s’il est incarcéré aujourd’hui c’est en raison de la particulière gravité des faits qui lui sont reprochés, à savoir association de malfaiteurs. La décision du tribunal ne repose pas sur rien, elle est forte de 380 pages.

La profession de journaliste a failli et a volé au secours de toute cette bourgeoisie qui tremble pour ses privilèges et n’accepte pas les règles juridiques quand elles s’appliquent à elle aussi.

Les journalistes auraient pu rappeler que la notion de mandat de dépôt différé (qui a envoyé Sarkozy en prison) a été introduite dans la loi du 23 mars 2019 et qu’elle est le fruit d’une politique de plus en plus répressive et autoritaire portée par la droite et Sarkozy lui-même depuis plusieurs années (lorsqu’il était ministre de l’intérieur puis président de la République).

Alors, assez de mufleries, assez d’indécence, assez de mauvais spectacle.

La France, aujourd’hui, donne une piètre image du pays des droits de l’homme, avec Macron, avec Sarkozy. Il est temps de rappeler à cette riche bourgeoisie rabougrie que les privilèges féodaux ont été aboli la nuit du 4 août 1789.