C’est l’histoire hélas cruellement banale d’un pauvre gosse qui avait réussi à fuir son pays, la Guinée, en 2019, à 15 ans. Le témoignage de son comité de soutien est édifiant du climat dans lequel vivent ces jeunes immigrés :

« Mamadou Garanké Diallo est arrivé en France en 2019 alors qu’il n’avait que 15 ans. Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), le Guinéen suit un CAP dans les métiers de bouche et est embauché en 2020 comme apprenti dans une boucherie de Darnetal, près de Rouen (Normandie). En 2023, à ses 18 ans, comme beaucoup de nouveaux majeurs étrangers, le jeune homme reçoit une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), finalement annulée après à une mobilisation citoyenne. Grâce à une pétition lancée par son employeur et des habitants de sa ville ainsi qu’un courrier au préfet signé par le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et plusieurs députés, Mamadou Garanké Diallo obtient un titre de séjour temporaire. Ce document lui permet de retrouver son emploi dans la boucherie de Darnetal. « C’était un jeune très sérieux, qui voulait rester en France. Il était aimé de tous ici », explique à InfoMigrants Franck Bécu, le patron de la boucherie. « C’était un peu comme mon gamin, on s’appelait souvent et on se voyait en dehors du travail », continue-t-il. « Mamadou était un exemple d’intégration et était devenu indispensable à la boucherie », note Alain Havel, du comité de soutien. Mais en mai dernier, tout s’effondre : Mamadou Garanké Diallo est contrôlé dans les rues de Rouen, et n’avait pas sur lui son récépissé de demande de titre de séjour. Quelques jours après son interpellation, le Guinéen reçoit une deuxième OQTF « sur les mêmes bases [que la première] et parce qu’il ne disposait ni d’un visa long séjour ‘salarié’, ni d’une autorisation de travail », a indiqué à l’AFP la préfecture de Seine-Maritime. Craignant d’être renvoyé dans son pays (« Je sais ce qu’est la souffrance de rester chez nous. Ma famille n’a rien au bled », témoignait alors le jeune Guinéen.’’), un jour de juin, sans prévenir personne, le jeune homme a rejoint le nord de la France dans le but d’atteindre le Royaume-Uni, espérant une reconnaissance qu’il n’avait pas eue ici et qu’il espérait obtenir là-bas. »

Mamadou, 21 ans, a été retrouvé mort, probablement percuté par un camion, le 17 septembre dernier vers 3h du matin près d’une sortie d’autoroute à Loon-Plage (Nord), à proximité d’un camp de migrants de Dunkerque. Découvert sans ses papiers, son identité n’a été révélée que début octobre.

Sa mort a provoqué la colère dans la région où il s’était parfaitement intégré. 

Son comité de soutien « en veut à Bruno Retailleau, au préfet, au système… On voit bien qu’une dérive répressive se met en place contre ces jeunes exilés. Et tout le monde en fait les frais. Les services de l’État vont même jusqu’à s’acharner sur des jeunes intégrés, qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui font tourner l’économie. C’est scandaleux ».

Cet exemple est scandaleux et nous avons collectivement une responsabilité dans le décès de Mamadou, fauché en pleine jeunesse, avec la bénédiction des Retailleau, Darmanin, et ceux qui ne supportent pas de voir des immigrés trouver refuge en France, le pays des droits de l’homme. Des droits de l’homme à reconquérir en chassant des arcanes du pouvoir le RN, Ciotti, qui, quotidiennement, déversent leur idéologie nauséabonde dans tous les médias.

Il s’appelait Mamadou et il ne doit pas être mort pour rien.