Thomas Piketty est un économiste brillant ; je lui reprocherai néanmoins ses positions social-démocrates.

Dans sa chronique du Monde, il se dit surpris en découvrant la véritable nature du RN de Marine Le Pen : « le fait que les députés du Rassemblement national (RN) aient voté comme un seul homme, avec le reste de la droite, contre l’impôt minimal de 2 % sur les détenteurs de plus de 100 millions d’euros de patrimoine est un événement majeur, qui peut contribuer à la clarification politique. En volant au secours des ultrariches, alors qu’il s’était jusqu’ici abstenu, le RN s’est clairement affirmé comme le parti des milliardaires, comme un parti de droite, sur tous les plans, à la fois nationaliste, antimigrants, extractiviste et hypercapitaliste, de la même façon que les républicains de Donald Trump. »

Thomas Piketty découvre aussi l’idéologie générale du parti « qui repose sur une vision profondément hiérarchique du monde. Pour le RN comme pour les trumpistes, l’inégalité est partout et, surtout, elle est inévitable : entre les nationaux et les étrangers, entre les chrétiens et les musulmans, entre les honnêtes gens et les délinquants, entre ceux qui bossent dur et ceux qui vivent de l’assistanat. »

Pour le jeune économiste, c’est clair.

Que n’a-t-il entendu ceux qui dénonçaient la véritable nature du RN et, avant lui, le FN, fondé par d’anciens suppôts des nazis et par des ultrariches !

Toutefois, ne boudons pas notre plaisir de voir que Gabriel Zucman a gagné la bataille de l’opinion. A défaut de voir sa taxe adoptée par l’Assemblée nationale, il a dû apprécier le ralliement de Thomas Piketty à « l’impôt minimal de 2 % sur les détenteurs de plus de 100 millions de patrimoine », même si le chroniqueur ne cite pas une seule fois le nom de son initiateur.

Gabriel Zucman a le triomphe modeste. Plus modeste que le chroniqueur.