Ce fut l’un des plus grands footballeurs, celui dont Michel Hidalgo disait qu’il éclairait le jeu. Il a enchanté toute une génération et j’ai eu la chance de suivre ses exploits pendant une dizaine d’années. J’étais émerveillé par le joueur et par l’homme.

Aujourd’hui, il vient confirmer que le grand footballeur qu’il fut n’a pas oublié ni la région d’où il vient, ni ses racines d’enfant issu de l’immigration.

Aldo, son père, un homme droit et d’une gentillesse rare, serait fier de lui ; son fils, Michel, triple Ballon d’or, a pris l’initiative de créer un ‘’musée du football et de l’immigration’’ à Joeuf, sa ville natale : « C’est le cœur de la région, le cœur de la sidérurgie et des mines. C’est là que sont arrivés des millions d’Italiens, parmi lesquels la famille Platini (…) Il y a déjà tout à Paris. Il valait mieux le faire chez moi ! Et ce musée apportera quelque chose de nouveau dans cette région qui a souffert, mais qui a bien vécu grâce à l’immigration. Il y a aussi une dimension politique pour faire passer certains messages, et dans le monde d’aujourd’hui, c’est bien de les faire passer ».

Les raisons de son choix sont lumineuses : « J’ai eu l’idée de le faire pour un hommage à ceux qui ont bâti le pays, qui ont bossé dur la semaine et qui ont fait rêver le dimanche sur les terrains. Le foot était à l’époque le souffle de la liberté. Le foot était notre langue commune ».

Michel Platini, grand footballeur, joueur de génie, mais homme de mémoire à un moment où le racisme tente de réécrire l’histoire de la France, mais aussi de l’humanité.

Avec ce musée qui sera installé dans les anciens bureaux des usines De Wendel (autre pied de nez), Michel Platini vient de dribbler (et de quelle manière) ceux qui veulent invisibiliser l’immigration.

Michel Platini m’émerveille encore en rappelant combien le football français doit à l’immigration, de Kopa, Ben Barek, Zidane, à Mbappé et d’autres.