La Commission européenne vient de repousser l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035. Cette mesure s’ajoute à d’autres décisions affaiblissant le ‘’pacte vert’’. On s’attend aussi à ce que les gouvernements donnent l’autorisation à Ursula von der Leyen de signer le Mercosur.

Autant de victoires pour les pollueurs, les lobbies, les grands groupes industriels, ainsi que pour Emmanuel Macron dont on connaît la profonde aversion pour l’écologie et la proximité avec les dirigeants des oligopoles.

Par un pur hasard, j’ai retrouvé un numéro du Monde daté du 28 décembre 1988 ; deux titres de la rubrique ‘’Sciences et médecine’’ ont attiré mon attention : Terre : l’effet de serre’’ et ‘’Planète en danger’’. Déjà.

La Commission européenne a-t-elle conscience de la gravité des décisions qu’elle vient de prendre ?

Dans ‘’Planète en danger’’, on pouvait lire : « En France, ceux qui sonnent le tocsin à ce propos sont considérés comme des fous ou de doux rêveurs, bref des ‘’écolos’’ qui prennent plaisir à gâcher la quiétude des autres. » Emmanuel Macron, lui, les traite d’amishs.

Dans ‘’Terre : l’effet de serre’’, on pouvait lire : « Notre Terre est ‘’une’’. Elle est un monde clos, c’est-à-dire que les équilibres – ou plutôt les déséquilibres oscillant autour de valeurs moyennes – sont essentiels au développement et même à la survie de l’humanité : de faibles changements des températures et des précipitations pourraient suffire, en effet, à bouleverser la production agricole et à faire monter le niveau général des mers. » Donald Trump, lui, nie encore l’évidence.

Les doux rêveurs écolos et les scientifiques ont tiré le signal d’alarme. Mais le capitalisme n’entend rien quand on veut s’en prendre à ses modes de production et à ses profits. Et il s’impose aux politiques qui leur doivent tout.

C’était en 1988 ; c’est hier et c’est hélas la réalité aujourd’hui.