Le chômage augmente en France ; rien d’étonnant à cela quand on découvre chaque jour la liste des suppressions d’emplois. La Bourse de Paris salue l’événement en battant un nouveau record, comme d’habitude : elle franchit pour la première fous le cap des 8400 points.
La Tribune du nouveau milliardaire Rodolphe Saadé estime que la Bourse est « portée par une vague de bons résultats d’entreprise ». Odieux.
Le grandes entreprises et les grands boursicoteurs sèment la misère ; eux se remplissant les poches de milliards. Pour quoi faire ? Odieux.
Gabriel Zucman, dans son billet hebdomadaire, constate que « En 2026, le déficit public va, pour la quatrième année consécutive, atteindre ou dépasser les 5 % du PIB. Il s’agit d’une situation sans précédent : la France n’a jamais connu une succession de déficits aussi élevés hors période de crise économique, de pandémie ou de guerre.
La dette publique va atteindre 118 % du PIB. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française. »
La Bourse n’a que faire de ce triste record : elle s’en félicite, car, au final, « Le pays dans son ensemble ne s’appauvrit pas, loin de là : la hausse de la dette publique a été plus que compensée par l’envolée des patrimoines privés. Entre 2012 et 2024, alors que la dette publique a augmenté de 1 400 milliards d’euros, le patrimoine total des ménages français a crû de 4 700 milliards d’euros. Celui des 500 plus grandes fortunes à lui seul a bondi de près de 1 000 milliards d’euros – passant de l’équivalent de 13 % du PIB en 2012 à l’équivalent de 42 % du PIB en 2024. »
Et ces plus grandes fortunes se refusent toujours à payer des impôts et exilent leurs holdings dans les paradis fiscaux; elles trouvent de précieux alliés au gouvernement, à l’Assemblée nationale et au Sénat pour ce qui, pour elles, ce qui serait considéré comme une catastrophe. Odieux.
Gabriel Zucman n’en finit pas de tirer le signal d’alarme. Il faut entendre ses arguments : « Comme d’autres pays avant elle, la France est entrée dans l’ère de l’extrême richesse. Ce déséquilibre se trouve au cœur du blocage budgétaire et du dérapage de nos finances publiques. Il empêche les investissements nécessaires dans l’éducation, l’innovation, la santé, les infrastructures, qui constituent la clé de notre prospérité future. Il alimente une spirale où la richesse achète le pouvoir, qui en retour cimente les fortunes établies. Il vient vicier le fonctionnement de nos marchés, corrompre le jeu démocratique, et nourrir le sentiment d’impuissance qui fait le lit des partis nativistes contemporains. Il s’agit du problème économique et politique fondamental auquel notre pays est désormais confronté. »
Le record battu par la Bourse est l’un des symptômes les plus criants de ce déséquilibre dénoncé par Zucman.
Jusqu’à quand ceux qui par centaines, voire par milliers, perdent leur travail chaque jour (là aussi on bat des records !), supporteront-ils la situation ?