On peut supposer qu’un ex-ministre de l’économie ne parle pas pour ne rien dire, qu’il avance des chiffres vérifiés (encore que depuis que Bruno Le Maire avait dissimulé la dette de l’Etat, on puisse s’interroger). Bref, quand Eric Lombard affirme dans Libération : « La direction des finances publiques avait regardé : parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu ! Au lieu de payer des charges sociales sur leur salaire, ils se font rémunérer dans les holdings. Ces mécanismes sont légaux, mais injustes »on peut s’interroger : pourquoi un ex-ministre de l’économie lâche-t-il, aujourd’hui une telle information en plein débat budgétaire ?

Les petites phrases d’Eric Lombard ont aussitôt agité la ‘’classe politique’’, comme on dit. Et un autre Eric, Coquerel, président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, demande des comptes à l’administration.

On attend la réponse, si elle arrive un jour. Le dispositif d’optimisation fiscale est légal et l’administration est tenue au respect du secret fiscal. Le système est bien verrouillé ; Gabriel Zucman l’a dénoncé et d’autres avant lui. En vain.

Les ultra-riches et même les riches peuvent dormir tranquilles.

En même temps on apprend que les dividendes versés en 2026 pourraient atteindre 83,1 milliards d’euros (454 en Europe). Net d’impôts ou quasiment.

Les actionnaires s’apprêtent donc à recevoir la plus grosse part des bénéfices des entreprises. Au diable les salariés, qui, eux, devront attendre les augmentations de salaires et continueront de payer les impôts que les ultra-riches évitent, eux, de payer.

Ainsi va le système capitaliste, celui qu’il faut abattre au plus vite.

On peut remercier M. Lombard d’éclairer les citoyens. Ses révélations, finalement, servent à faire monter les revendications de changement.