Décaler n’est pas bloquer, ni abroger. Et pourtant, de nombreux commentaires osent prétendre que la suspension de la réforme des retraites est un succès considérable, pour certains, de leur parti, pour d’autres, des salariés.
Le gouvernement a semblé céder pour entretenir un écran de fumée. Au moins un syndicat et au moins un parti ont mordu à l’hameçon tout en s’en défendant.
La suspension de la réforme demandée par tous les syndicats n’est en réalité qu’un décalage de son application, comme l’écrit très justement la CGT.
Le gouvernement Lecornu a sauvé sa peau, mais dans le pays la colère ne cesse d’enfler et d’enfler partout : dans les entreprises (où le moral est au plus bas), dans les services publics, dans les lycées et les universités, chez les jeunes et les retraités, qui refusent l’austérité quand les ultra-riches se gavent de milliards.
Quant au projet de budget, il est selon les mots employés par Sophie Binet, catastrophique et dangereux.
Le projet de budget est ultra-violent pour les Français de peu, avec le gel des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, la désindexation des pensions de retraites, la suppression de plus de 3000 postes dans la fonction publique, le doublement des franchises médicales et la baisse du budget de la santé et des hôpitaux. Et bien d’autres mesures.
Le monde du travail a tout à redouter de ce budget, identique aux précédents de Bayrou ou Barnier. On y retrouve la même logique de faire payer les salariés plutôt que de s’attaquer aux profits et aux dividendes des grands groupe. On y retrouve la même logique d’un pouvoir économique et financier qui dicte la ligne politique.
Ne pas voir la réalité en face est une faute grave pour un parti politique qui se veut parti de gouvernement. Au jour d’aujourd’hui, on ne peut plus se targuer de vouloir gérer le capitalisme quand le système est aussi inégalitaire, perverti, compromis, pourri, pour le profit de quelques-uns seulement.
Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple est une idée jeune et moderne, la seule pour sauver la planète et le devise de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité.
Allons, socialistes, réveillez-vous !