Que le quotidien de Bernard Arnault, Les Echos, consacrent aujourd’hui un long article à François Hollande, est intriguant. Mais plus inquiétant quand il lui ouvre ses colonnes, c’est pour lui permettre de « faire entendre ses différences ».

Et si Hollande a des différences à faire entendre, c’est bien avec les positions du Parti socialiste, dont il ose se réclamer encore en siégeant au Palais-Bourbon sur les mêmes bancs que ceux d’Olivier Faure.

François Hollande est favorable à un compromis avec le premier ministre (de droite, ex-LR), Lecornu : « Il faut que l’on trouve un accord pour que le pays soit tenu et dirigé », déclare-t-il. Tenu et dirigé ? On croirait entendre Bruno Retailleau.

L’ex-président empêché de se représenter en 2017 et qui avait fait d’Emmanuel Macron un de ses conseillers, veut trouver un chemin entre les 44 milliards d’économies de Bayrou et les 22 préconisés par le PS, « il faut avoir une trajectoire, sans doute entre les deux, ose-t-il avancer, avant de s’égarer : « L’important pour la Commission européenne et les investisseurs, c’est de savoir s’il existe un consensus en France pour réduire les déficits ». Les socialistes espagnols n’ont pas pris le même chemin et ils s’en portent plutôt mieux. 

Pours que ses différences soient claires, il ne retient pas la taxe Zucman d’imposition des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros : « Si on veut intégrer les actifs professionnels (dans l’assiette de la taxe), il faut que le taux soit très très bas ». Et donc pas 2 %. Le patronat est aux anges ! Hollande assume sa position sans regret : « Il vaut mieux un rendement qui soit étalé dans le temps plutôt qu’une prise en une fois et ensuite le risque d’un exil ». Et il milite pour des exceptions.

Sur la réforme des retraites, François Hollande ne se prononce pas sur l’abrogation de la loi et encore moins sur le retour à 62 ans : « Je propose de suspendre la réforme (là où elle en est) pour l’année 2026, et après il y aura un grand débat pour la présidentielle de 2027 et les Français choisiront. »

Les Echos trouvent François Hollande constructif ; effectivement Bernard Arnault est en communion avec lui.

Les salariés, eux, sont informés ; ils savent qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis. Ce n’est pas avec l’ex-président que les revendications seront entendues, mais c’est avec de tels hommes politiques que le Rassemblement national se renforce chaque jour davantage.