Trump, Poutine, Orban, Erdogan, Milei et leurs collègues de l’internationale obscurantiste partagent les mêmes obsessions, à savoir le recul des libertés individuelles et collectives. Mais avec eux, tout recul est insuffisant et en appelle un autre, puis un autre.

Trump, l’insaisissable et l’imprévisible, donne le ton. Et quel ton ! Il va bombarder les prétendus bateaux de narco-trafiquants au long des côtes du Venezuela ; il menace les maires des grandes ville gérées par les démocrates et, vraiment mesquin, il vient de retirer son visa à Wole Soyanka (91 ans), l’immense écrivain nigérian, prix Nobel de littérature en 1986. Le crime de Soyanka est énorme : il a osé comparer le président américain au dictateur ougandais Idi Amin Dada, au pouvoir entre 1971 et 1979.

Le Nigérian a pris cette mesure de rétorsion avec beaucoup d’humour et s’en est même déclaré très satisfait. Comment ne pas lui donner raison ; néanmoins, il serait bon de s’interroger sur le cas du régime américain où le président peut annuler un visa à tout moment et à sa discrétion.

En France, où le président ne manque pas une occasion de louer notre démocratie, on peut craindre pour l’avenir.

La galaxie de Vincent Bolloré réduit la liberté d’expression à ses amis, idéologues de la France judéo-chrétienne de race blanche. La prestigieuse maison d’édition Fayard qui publiait Hannah Arendt, Pierre Bourdieu, François Bon, Yves Coppens, Régis Debray, Julia Kristeva, Jack London, se fourvoie en éditant Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Eric Zemmour, c’est-à-dire les porte-parole de la fachosphère.

Eric Zemmour se distingue par ailleurs, grâce à son réseau de l’association des parents d’élèves d’extrême droite Parents vigilants. Ceux-ci font la chasse aux enseignants qui donnent à étudier des livres non conformes à leur vision du monde chrétien. Ils n’hésitent pas à saisir les rectorats pour demander l’interdiction d’un livre, mettant en cause la liberté pédagogique et la liberté de lire, comme aux Etats-Unis.

Pour préserver toutes nos libertés, la vigilance doit être permanente pour dénoncer les haines, le racisme, le sexisme, etc. Il ne faut rien abandonner aux fascistes. Rien.