Sophie de Menthon a vécu (77 ans quand même !), mais elle préside encore une organisation patronale qui se dit éthique. Elle revendique le franc-parler et elle l’a pratiqué à de nombreuses reprises.
Elle a eu le culot de trouver ‘’sympa’’ pour une femme de se faire siffler dans la rue. Bonjour la délicatesse et le respect.
Quand Dominique Strauss-Kahn a eu des démêlés avec la police américaine, elle a eu encore le culot de dire à propos de Nafissatou Diallo : « C’est ce qu’il lui est arrivé de mieux ». Cette saillie lui avait valu d’être évincée de l’émission Les Grandes gueules sur RMC.
Elle avait également justifié l’emploi fictif de Pénélope Fillon, jugeant nécessaire de « boucler artificiellement les fins de mois ou d’arrondir le budget familial ». Toujours aussi culottée Sophie de Menthon !
A défaut d’avoir des occasions de faire parler d’elle, voilà qu’elle a porté plainte contre Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, qui, sur RTL, avait qualifié les patrons de « rats qui quittent le navire », dont « le seul objectif est l’appât du gain ».
Sophie de Menthon estime ces propos « particulièrement injurieux », portant sur les patrons un « jugement de valeur négatif qui entache nécessairement leur honneur et leur réputation ».
En matière d’injures, Sophie de Menthon est une authentique spécialiste ; pourtant ses injures, autrement plus salaces, ne l’ont jamais amenées devant un juge.
La patronne qui se drape aujourd’hui dans la dignité ne se trompe pas d’adversaire ; en digne politicienne proche de l’extrême droite (elle pige à Valeurs actuelles) elle poursuit la secrétaire de la CGT. Elle n’a pas perdu son instinct de classe et son mépris pour les travailleurs.
Les patrons et les patronnes osent tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît, comme le notait Michel Audiard dans la célèbre réplique des Tontons flingueurs.