La reconnaissance de l’Etat palestinien annoncée par Emmanuel Macron a déchaîné les passions en Israël et jusqu’aux Etats-Unis. Benyamin Netanyahu accuse la France d’attiser le ‘’feu antisémite’’ à la suite d’une analyse ‘’abjecte et erronée’’ et l’ambassadeur des Etats-Unis en France lui fait grief de ne pas combattre l’antisémitisme avec suffisamment de vigueur.
Télérama est venu éclairer le débat en rappelant fort opportunément qu’il y a deux définitions de l’antisémitisme.
La première a été adoptée le 26 mai 2016 par les 31 Etats membres de l’Alliance Internationale pour la mémoire de l’holocauste (IHRA) et d’experts.
Dans les travaux de l’IHRA, on peut donc lire que « l’antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte. » Elle a donné ensuite des exemples qui viennent contredire les déclarations des dirigeants israéliens : « L’antisémitisme peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsqu’il est perçu comme une collectivité juive. Cependant, critiquer Israël comme on critiquerait tout autre État ne peut pas être considéré comme de l’antisémitisme. »
Néanmoins, des chercheurs internationaux spécialistes ont souhaité apporter plus de précision à une définition jugée trop floue. En 2021, ils ont adopté une Déclaration de Jérusalem : « L’antisémitisme est une discrimination, un préjugé, une hostilité ou une violence à l’encontre des Juifs en tant que Juifs (ou des institutions juives en tant que juives) ».
Ils ont ensuite listé des exemples qui, à première vue, ne sont pas antisémites (que l’on approuve ou non l’opinion ou l’action). Parmi ceux-ci, on peut lire que « Soutenir la demande palestinienne de justice et d’octroi intégral de leurs droits politiques, nationaux, civils et humains, tels que définis par le droit international » n’est pas antisémite ; de même, « critiquer ou s’opposer au sionisme en tant que forme de nationalisme, ou plaider pour une variété d’arrangements constitutionnels pour les Juifs et les Palestiniens dans la région située entre le Jourdain et la Méditerranée » ne relève pas de l’antisémitisme. Enfin, « Il n’est pas antisémite de soutenir des arrangements qui accordent une égalité totale à tous les habitants ‘’entre le fleuve et la mer’’, que ce soit dans deux États, un État binational, un État démocratique unitaire, un État fédéral, ou sous toute autre forme ».
La déclaration stipule aussi que « une critique d’Israël en tant qu’État, fondée sur des preuves » n’est pas antisémite.
Les auteurs de la Déclaration de Jérusalem en concluent que « même si c’est controversé, il n’est pas antisémite, en soi, de comparer Israël à d’autres cas historiques, y compris le colonialisme de peuplement ou l’apartheid. »
Merci à Télérama de m’avoir permis de rafraîchir ma mémoire alors que le gouvernement de Netanyahu tente de détourner les critiques de plus en plus partagées dans le monde.