Le graffiti writing (ou graff), devenu street art, va enfin sortir de l’underground et de la répression pour être reconnu. C’est néanmoins dans la confidentialité qu’un Centre national des archives numériques de l’art urbain a été inauguré en juillet dernier dans l’Institut national d’histoire de l’art.
Ses artistes qui ont débuté sur les surfaces extérieures qui s’offraient gratuitement à eux, murs ou palissades, ont été difficilement acceptés comme de vrais créateurs, avec leurs pochoirs et leurs aérosols. Certains ont pu entrer dans les galeries, d’autres ont fait l’objet d’expositions, mais ce n’est pas le cas de la majorité d’entre eux. Et pourtant, quelle pratique artistique ! Et, souvent, quel talent.
Un premier pas est franchi, enfin, pour garder dans la mémoire de l’humanité les traces d’authentiques œuvres artistiques, liées à une époque, une idéologie aussi, qui semble déranger de nombreux élus plus prompts à effacer les fresques qu’à interdire ces immondes panneaux publicitaires qui enlaidissent leurs villes.
Les graffeurs, donc, se sont réunis dans une Fédération de l’art urbain pour fonder un centre baptisé Arcanes, « destiné à la sauvegarde et à la valorisation des archives de l’art urbain » et une plateforme ouverte au public. Aujourd’hui, leurs efforts commencent à les sortir de la répression pour aller vers la reconnaissance pleine et entière.
L’art urbain, moyen d’expression d’une époque a ses stars, comme Banksy, Jef Aérosol et d’autres. Mais il s’agit d’un courant très développé chez les jeunes artistes, qui, eux aussi, ont droit à la reconnaissance. Sans trahir ni leurs origines underground, ni leur contre-culture.