Il n’a pas fallu attendre longtemps pour illustrer mon article, ‘’L’information selon les milliardaires ‘’!

Pour avoir osé titrer en ‘’une’’ de la Provence : « Il est parti et nous, on est toujours là… », le directeur de la rédaction du quotidien marseillais a été suspendu pendant une semaine et convoqué à un entretien préalable pouvant aller jusqu’à un licenciement. Le titre faisait suite à la visite inopinée de Macron à Marseille et reprenait la phrase d’une habitante qui tirait les leçons de l’opération de communication du président de la République.

Ce titre a fortement déplu à Rodolphe Saadé, le patron de CMA CGM, qui a obtenu du directeur de la publication, Gabriel d’Harcourt, la publication d’excuses aux lecteurs, publiées également en ‘’une’’ du quotidien. 

Celui-ci a écrit sous la dictée de son patron : « La citation en Une et la photo d’illustration a pu laisser croire que nous donnions complaisamment la parole à des trafiquants de drogue décidés à narguer l’autorité publique, ce qui ne reflète pas notre ligne éditoriale. Nous avons induit en erreur nos lecteurs et La Provence leur présente ses plus profondes excuses. » C’est osé; la rédaction, humiliée, a vu rouge et s’est mise en grève.

Saadé, quelques jours plus tôt, s’était présenté à la rédaction de BFM TV, la main sur le cœur en affirmant qu’il ne serait pas interventionniste, ; il n’a pas été long à tomber le masque.

Alors, l’information selon les milliardaires est-elle libre ?

On cite souvent l’exemple de Vincent Bolloré ; hélas, il n’est pas seul à veiller à véhiculer une information libérale et bien-pensante.