On peut s’attendre au pire à l’issue des débats parlementaires sur le budget et sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale.
La taxe Zucman est quasiment enterrée avec la proposition de Parti socialiste d’une taxe ‘’allégée’’. L’auteur de la proposition de taxe sur les grandes fortunes dénonce les manœuvres visant à épargner les ultra-riches. Sur les réseaux sociaux il fustige la présentation d’une coquille vide comme une avancée sociale pour, aussitôt, dénoncer : « C’est donc aux autres catégories sociales qu’il est demandé de faire des efforts. »
Celui que Bernard Arnault accuse d’être un militant d’extrême gauche qui veut détruire l’économie libérale a eu une réponse cinglante dans un entretien avec L’Humanité : « Je vais citer le Financial Times, qu’on ne peut accuser de sympathie communiste : « La France se caractérise par l’emprise de ses milliardaires sur la vie économique et la vie politique de la nation. » Il faut donc mener ce combat difficile pour élargir le champ de la démocratie. Nous pourrions rester entre chercheurs dans notre tour d’ivoire mais il est de notre devoir de contribuer à l’appropriation culturelle de ces savoirs, en l’occurrence l’ampleur de l’évasion fiscale. »
Un autre économiste, Michaël Zemmour, dénonce d’autres manœuvres visant, celles-là, à suspendre la réforme des retraites, non à la supprimer.
Michaël Zemmour affirme que, en l’état des propositions la réforme s’appliquera, intacte, avec une génération de décalage, ajoutant : « Ce n’est pas rien, mais c’est tout. En particulier, les fondements de la réforme ne sont en rien remis en cause. La marche à 64 ans reste inscrite dans la loi, et toutes les personnes âgées de moins de 60 ans aujourd’hui continueront de voir leur âge de départ progressivement décalé pour atteindre 64 ans à la génération 1969. Pour arrêter cette marche, il faudrait une nouvelle loi. »
Ce que Emmanuel Macron, son gouvernement, les Républicains et le président du Sénat, Gérard Larcher, refusent.
Alors, il serait temps pour la gauche de se ressaisir et de ne pas se discréditer dans ce qu’elle appelle les compromis ; la gauche s’est toujours honorée de défendre les acquis sociaux les plus élémentaires et d’en conquérir de nouveaux en luttant contre l’exil et la fraude fiscale des ultra-riches.
Gabriel Zucman assène des vérités qui font éructer Bernard Arnault et les autres milliardaires : « La taxe permettrait aux milliardaires d’entrer dans le champ de la solidarité nationale, à laquelle ils ne participent pas aujourd’hui. Plus d’un siècle après sa création, l’impôt sur le revenu reste une révolution démocratique inachevée dans la mesure où les très riches ne sont pas concernés. »
La gauche doit entendre ces vérités et appeler les citoyens à la mobilisation. Sans compromis.