C’est terrifiant, sidérant. Les dirigeants de la France transforment le pays en un champ de ruines, sans avenir parce que sans culture, hormis celle des riches.
Tout ce qui fait culture est sacrifié. On a déjà vu les dégâts provoqués par des décisions imbéciles et purement comptables dans la région des Pays de Loire, dans l’Hérault, à Toulon, dans le Nord, etc. Au nom d’une prétendue crise d’endettement, chaque jour nous offre des motifs de colère, vite oubliée pour faire place à la rébellion.
Le ‘’pass culture’’ est à son tour menacé. Le premier touché est le ‘’pass’’ collectif, géré par le ministère de l’éducation nationale Un simple courriel envoyé par les inspecteurs d’académie le 30 janvier en fin de journée a averti de la suppression d’un budget qui permettait à des enseignants de mener des actions pédagogiques, des ateliers artistiques, de permettre aux élèves d’aller assister à des spectacles, etc. En plein milieu d’année scolaire, alors que des actions étaient évidemment déjà programmées. Merci Elisabeth Borne.
Le ‘’pass culture’’ individuel est également menacé. Par celle qui ose tout, Rachida Dati. Elle claironne qu’elle veut soit le réformer, soit le supprimer.
Le concours de la décision la plus attentatoire à la culture est bien lancé et, là, les élus font preuve d’une imagination débordante.
Rachida Dati est assurément la plus performante pour creuser la tombe du ministère de la culture. C’est au moment où le ‘’pass culture’’ est menacé qu’elle annonce que le spectacle réactionnaire et révisionniste du Puy-du-Fou y est devenu éligible, justifiant la décision par sa volonté de non-discrimination, contraire à la liberté artistique.
On ferme des théâtres, on fait crever des compagnies, mais on promeut l’œuvre de la famille d’extrême droite de Philippe de Villiers, qui propose « un discours anti-universaliste, antirépublicain, anti-égalitaire, xénophobe, qui masque les dominations de classe et de genre », selon les historiens auteur du livre Le Puy du Faux.
On ne compte plus les auteurs qui ont dénoncé cette politique anti-culturelle, comme l’ex-directrice de l’UNESCO, « Il n’y a pas de culture sans peuple, ni de société sans culture », l’écrivain nigérian Anthony Biakolo, « Un peuple sans culture est un peuple sans âme », ou encore le journaliste-écrivain Nicolas Beuglet, « Un peuple sans culture, c’est un peuple sans mémoire et un peuple sans mémoire, ce n’est plus un peuple, c’est un troupeau qui préfère se battre pour une télé que pour une idée ».
Les gouvernements successifs, d’Edouard Philippe, de Jean Castex, d’Elisabeth Borne, de Gabriel Attal, de Michel Barnier ou de François Bayrou, ont, chacun à sa manière, cédé aux injonctions de l’extrême droite en lui donnant des gages. Chacun à sa manière prépare le peuple de France à perdre la mémoire, son immense passé culturel et son idéal révolutionnaire.
Ce régime est dirigé par des menteurs. L’homme de la Fondation Louis Vuitton et le champion de l’optimisation fiscale, Bernard Arnault, en premier lieu. La culture est aux ultra-riches comme lui, pas au peuple ; il dénonce un projet de surtaxe temporaire pour pouvoir mieux investir dans la culture, dans ses musées, dans ses sociétés de ventes aux enchères, qui permettent d’imposer ses goûts et le prix des œuvres.
Ne sommes-nous pas entrés dans une ère préfasciste ? Terrifiant !