Les partis d’extrême droite européens sont tombés en extase devant Donald Trump. Et tous s’étaient donné rendez-vous à Madrid pour clamer leur admiration et voir en lui un messie et un messager faisant entrevoir leurs victoires futures dans leurs pays respectifs. Marine Le Pen, elle, y croit quand elle déclare : « A un moment, il faut voir ce qui se passe dans le monde aujourd’hui : Milei, Trump, Orban, Meloni, notre parti allié autrichien est en tête, nous sommes en tête, nos amis flamands sont en tête. Il faut analyser cela et je crois que c’est une forme de renaissance à laquelle on assiste ». Elle a appelé à un « bouleversement mondial » en ajoutant : « Ce défi de puissance est une exhortation à une existence dans le monde qui vient, dans l’histoire qui s’écrit. » Nous sommes donc prévenus.
Comme ils n’ont guère d’imagination, les néo-fascistes ont ‘’européanisé’’ le trop célèbre slogan du candidat Trump, Make America Great Again’’, en ‘’Make Europe Great Again’’. Au moins, nous savons ce qui nous attend s’ils arrivent au pouvoir.
Le dictateur hongrois Viktor Orban avait donné le ton des interventions en déclarant : « La tornade Trump a changé le monde en deux semaines. Hier, nous étions les hérétiques ; aujourd’hui, nous sommes mainstream. Les gens pensaient que nous représentions le passé, aujourd’hui, tous voient que nous sommes le futur ».
Dans son pays la tornade avait déjà fait des dégâts considérables et il s’en est félicité en se vantant d’avoir fait de « l’immigration illégale un délit », d’avoir fait inscrire dans la Constitution « qu’un père est un homme et une mère une femme », ou encore que « tous les pouvoirs de l’Etat doivent défendre la culture chrétienne ».
Les autres intervenants ont cru bon de faire dans la surenchère, à l’image de Matteo Salvini, l’Italien, de Santiago Abascal, l’Espagnol, de Geert Wilders, le Hollandais, ou de André Ventura, le Portugais. Mais ils n’ont qu’un seul maître, Donald Trump.
Comme Trump, ces excités ont rebâché leur haine des immigrés, la Cour pénale internationale, le wokisme, les homosexuels, et, pour faire court, tout ce qui est démocratique.
Une fois encore, nous sommes donc prévenus du danger que constitue le programme de Marine Le Pen et de ses ‘’cousins’’ européens.
Nos libertés sont en danger. Le temps des querelles de chapelle à gauche est passé ; aujourd’hui, le temps de l’union est vital pour nos libertés et la démocratie, quand la droite qui n’était pas encore extrême multiplie les œillades (et les déclarations) en direction de Marine Le Pen.
L’effet Trump est inquiétant.