Le changement de millésime est, par tradition, le moment de faire des vœux. Assez rarement réalisés. Soit.
Tout au long de 2025, j’ai relevé toutes les vicissitudes d’un monde en régression, en voie de droitisation. Les réactionnaires ici, les libertariens là fêtent leurs victoires. Rien n’est cependant inéluctable.
Il me revient en mémoire des lignes lues dans Libération il y a quelques mois seulement sous la plume d’Adrien Naselli parlant des travaux d’Asma Mhalla.
A propos de la crise en France, il était noté que Les Etats-Unis et la Chine « se disputent le prochain ordre mondial » et « cela explique en partie la crise dans laquelle s’enlise la France, puisque les ‘’Big Tech’’ deviennent l’infrastructure de l’Etat américain et que nous sommes en cours de vassalisation par les Etats-Unis à travers les réseaux technologiques. Dans ce nouveau monde, la rupture entre Musk et Trump l’été dernier n’a que peu d’importance puisque l’architecture de ce nouveau système politique à deux têtes n’a pas bougé d’un iota et que la dictature du flux est installée. A cet égard, la stratégie de saturation cognitive fut simple mais efficace : polariser, hystériser, saturer les cerveaux de contenus toujours plus outranciers pour que le seuil de l’acceptabilité s’abaisse. Dès lors, on peut faire accepter n’importe quoi à n’importe qui. »
Pour sortir de cette situation, « il faut absolument domestiquer son usage de la technologie, en faire une hygiène cognitive (…) Pour cela, la question du réel, du lien physique et affectif avec les gens est primordiale. La fraternité, l’altérité, les livres, les cafés sont des antidotes puissants pour que les cerveaux respirent. Cela semble simpliste mais une balade, une conversation dans la rue et les cafés, en levant la tête de son écran, sont devenus aujourd’hui des actes politiques premiers. Et puis un jour, dire non. Dire non pour penser par soi-même, pour se réhabituer à tenir debout intérieurement, pour réhabiter le monde. »
C’est ce que je souhaite pour 2026 : dire non.