Il y a quelques jours des médecins ont lancé un cri d’alarme dans une tribune publiée par Le Monde ; ils dénonçaient le non remboursement des tests « sur certains cancers en présence d’une mutation génétique ; cela notamment dans les cancers du sein, de l’ovaire, du poumon, de la prostate, du côlon, dans les cancers rares et les leucémies. » Ils étaient utiles « en limitant l’errance thérapeutique et en augmentant les chances de guérison. »

Les signataires s’étonnaient : « aucun mécanisme de financement n’a été prévu pour ces examens une fois ceux-ci évalués et inscrits à la nomenclature (passés dans le droit commun), ce qui ne garantit pas un accès équitable, notamment pour les malades hospitalisés dans les établissements publics. Contraints désormais de les financer sur leurs fonds propres, les hôpitaux les moins solides financièrement ne pourront plus les proposer aux malades. A titre indicatif, leur prix est de l’ordre de 240 euros pour le cancer du poumon, de 370 euros pour le cancer du côlon. »

Aujourd’hui, on apprend que Sanofi a décidé de ne plus commercialiser en France le vaccin contre la grippe Efluelda « réservé aux plus de 65 ans, en raison d’un prix ‘’inférieur aux coûts de production et de distribution’’ du produit » selon la direction du groupe pharmaceutique.

Il s’agit ici des deux derniers exemples de l’état lamentable de notre système de santé. D’un côté, le gouvernement réduit les crédits, ferme des lits, favorisant la médecine privée ; de l’autre, l’industrie pharmaceutique oriente ses recherches et les médicaments vers ce qui est le plus rentable à court terme. Au mépris de la santé des citoyens.

Faut-il rappeler que les si fonds d’investissements étrangers contrôlent le capital de Sanofi (67 % du capital), ce sont les fonds américains qui en possèdent la plus grosse part (44,1 %), même si le premier actionnaire est L’Oréal avec 9,4 % du capital.

La financiarisation de la santé (avec sa course aux dividendes) est aberrante et dangereuse : ce sont les fonds américains et les grands groupes comme L’Oréal qui déterminent la politique du gouvernement. On peut en voir chaque jour les effets scandaleux.

Le même groupe Sanofi a annoncé la veille un quatrième plan de suppression de postes dans la recherche et le développement en dix ans, dédiée à l’oncologie, jugée insuffisamment rentable, pour se recentrer sur l’immunologie : 1200 postes seront supprimés, dont 330 en France.

On peut rappeler que Sanofi a fait un bénéfice net de 5,436 milliards d’euros en 2023 et distribué environ 4,7 milliards de dividendes. Si Sanofi pète la santé, celle des Français est sacrifiée. Comme les chercheurs et salariés du groupe.