Mais pourquoi faut-il, parfois, que les mauvaises nouvelles s’accumulent. Les résultats des élections municipales interrogent l’état de la démocratie en France : le nombre de votants se situe à un niveau inquiétant et la gauche continue à s’affronter quand l’extrême droite, de Le Pen à Ciotti, engrange des scores encourageants (pour eux, mais pas pour le peuple) pour 2027 et l’élection présidentielle.
Nous avions la droite la plus bête du monde (elle se confond trop souvent avec celle du parti fondé par des nazis) ; aujourd’hui, nous avons la gauche la plus bête du monde, avec un PS écartelé entre les réformistes comme Hollande et les progressistes comme Faure, avec un Mélenchon, l’ex-ministre de Mitterrand, qui ressort les stratégies gauchistes de sa jeunesse. Leurs relations sont hélas déplorables.
Les résultats des municipales ont éclipsé le décès d’un très grand philosophe, Jürgen Habermas, dont l’influence a été considérable. Il était un intellectuel qui n’hésitait pas à se mêler aux débats publics et même à les susciter, comme en 2015 quand il a défendu le droit d’asile et appelé à s’opposer au populisme de droite et au nationalisme étroit.
La gauche française devrait relire l’œuvre de Habermas qui n’a cessé de vanter les mérites de la démocratie impliquant la mise en place d’espaces de délibération.
Assistant de Theodor Adorno à Francfort, il se détachera de son maître, même s’il conserve une proximité avec le marxisme. Il a influencé toute une génération d’étudiants, avant d’enseigner sa théorie de la communication et au débat dans l’espace public.
On peut être en désaccord avec la pensée d’Habermas, mais on ne peut nier son apport dans le débat d’aujourd’hui. La gauche française pourrait relire son œuvre ; elle y puiserait des raisons de débattre pour s’unir.