Le ministre de la justice et l’ex-ministre de l’intérieur osent tout en tentant d’accuser les magistrats à propos de la mort de la petite Lyhanna. C’est une habitude chez les médiocres politiciens de droite de chercher des lampistes quand leurs responsabilités politiques sont engagées.

En éructant, ils en oublieraient presque leurs saillies préférées, c’est-à-dire la jeunesse qu’ils qualifient de corrompue, droguée et violente.

Le sénateur de Paris, Ian Brossat, a une autre vision de la société et notamment de sa jeunesse. Dans sa lettre hebdomadaire, l’élu communiste revient sur une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux : 

« En quelques heures, Mireille est devenue la mamie la plus célèbre de France.
À 90 ans, cette habitante du 16e arrondissement de Paris a conquis les réseaux sociaux. Samedi soir dernier, alors qu’elle sort d’une pharmacie, Mireille se retrouve au milieu des célébrations. Des milliers de supporters envahissent les rues. Les tensions montent, des gaz lacrymogènes sont tirés. Des jeunes l’aperçoivent, l’entourent, la protègent et lui demandent comment ils peuvent l’aider. À sa demande, ils la raccompagnent jusqu’à son domicile en la portant à bout de bras, sous les chants de « Et pour Mamie, allez allez ! ». La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, est devenue virale. Parce qu’elle est drôle, tendre et spontanée. Mais aussi parce qu’elle raconte quelque chose de plus profond. Depuis des années, certains nous expliquent que la jeunesse de notre pays serait devenue incontrôlable, violente, dépourvue de repères. Plus encore lorsqu’elle vient des quartiers populaires. Or ce que l’on voit dans cette vidéo, c’est exactement l’inverse. On y voit des jeunes faire preuve de respect, d’attention et d’empathie envers une personne âgée qu’ils ne connaissent pas. On y voit une forme de fraternité spontanée que ni les discours anxiogènes ni les préjugés ne parviennent à invisibiliser. Et Mireille elle-même refuse les caricatures. Cette « jeunesse hurlante, gaie, vivante, bruyante, formidable », dit-elle, lui a rappelé ses frères et leurs amis lorsqu’elle était enfant. Comme si, du haut de ses 90 ans, elle nous rappelait une évidence : les générations se ressemblent souvent davantage qu’elles ne s’opposent. Dans un pays traversé par les crispations identitaires et les tentatives permanentes d’opposer les Français les uns aux autres, ses mots résonnent avec une force particulière. Car ce soir-là, au milieu du bruit et des tensions, il y avait aussi cette image : une femme de 90 ans portée par des jeunes supporters qui la considèrent comme leur grand-mère, des générations qui se rencontrent, se respectent et se protègent. Et si l’histoire de Mireille a autant touché le pays, c’est peut-être parce qu’elle nous rappelle quelque chose dont nous avons plus que jamais besoin : la fraternité.
 »

La fraternité ? C’est un mot absent du vocabulaire de Darmanin et Retailleau (mais aussi de Le Pen et Bardella). Ils préfèrent le mot répression.

Merci à Ian Brossat d’avoir rappelé cette vidéo. La fraternité, peut-on ajouter, est gravée sur les frontons des lieux publics aux côtés de liberté et égalité. Un rappel qui n’est pas inutile en ces temps tumultueux.