The Guardian, quotidien célèbre de Londres, vient de consacrer un long article à Bernard Arnault, surnommé le « loup en cachemire ». Autant le dire, l’article n’est pas très flatteur pour l’homme le plus riche de France.

Le prétexte de cet intérêt pour Bernard Arnault n’est pas l’industrie du luxe, mais la razzia opérée par le milliardaire dans la presse économique : Les Echos, L’AGEFI, Investir et, plus récemment Challenges (Le groupe LVMH contrôle également Le Parisien-Aujourd’hui en France, Paris Match, Historia, L’Histoire, L’Opinion, Sciences et avenir, ainsi que Radio Classique). Le Guardian relève que « L’expansion d’Arnault intervient dans un contexte de débat croissant sur la poignée de milliardaires qui dominent le secteur des médias et redessinent le paysage médiatique à l’approche de l’élection présidentielle du printemps prochain. L’extrême droite est en tête des sondages alors que les deux mandats d’Emmanuel Macron touchent à leur fin. » Il ajoute que « La position politique la plus claire d’Arnault a toujours été son opposition à l’impôt sur la fortune. »

Pour être bien compris, le quotidien rappelle intelligemment : « Au début des années 1980, le jeune Arnault s’installe brièvement aux États-Unis pour fuir ce qu’il percevait comme un climat des affaires hostile de la gauche et l’impôt sur les riches du président socialiste François Mitterrand. Là-bas, il noue une amitié étroite avec un autre acteur de l’immobilier, Donald Trump. »

Le choix de tels amis en dit long sur la personnalité de l’homme qui dirige le premier groupe mondial des industries du luxe.

La députée écologique Sophie Taillé-Polian, à l’origine d’un projet de loi sur le pluralisme des médias, fait remarquer : « Quand on a un domaine aussi important que la presse économique sous la garde d’une des personnes les plus riches de France et du monde, ça pose question. »

Assurément, Madame, mais cette question ne trouble ni la droite, ni l’extrême droite, ni Emmanuel Macron. Les patrons-voyous ont encore de beaux jours devant eux !

Il faut préciser que The Guardian, fondé en 1821, n’a pas d’actionnaires ; il est contrôlé par le Scott Trust, une fondation dont la mission est de défendre l’indépendance des journalistes. Ceci explique cela.