Charles De Gaulle a souvent répété que « les Français sont des veaux. » Preuve de sa suffisance et, on peut le dire, de son mépris pour le peuple.
Plus de cinquante plus tard, les petits héritiers du général n’ont pas varié : ils n’éprouvent de sympathie que pour les ultra-riches.
C’est le sentiment que j’éprouve quand je lis dans les gazettes les propositions de l’inspection des finances (IGF) et de l’inspection des affaires sociales (IGAS) adressées au gouvernement pour faire des économies sur les politiques familiales. Tout y passe : aide personnalisée au logement (APL), allocations familiales, impôts, retraites doivent être réformées et font partie de dix « mesures d’efficience prioritaires » à mettre en œuvre dès 2027.
La manœuvre est grossière : on demande un rapport à la haute administration dont on connaît par avance les propositions ; ainsi le gouvernement peut de cacher derrière un rapport qui apparaît comme irréfutable.
Dans le viseur du pouvoir macroniste également, les compléments de revenus versés à certains fonctionnaires. Quand la grogne de la fonction publique monte et demande des revalorisations de salaires, président et ministres laissent à croire que les dits fonctionnaires sont des privilégiés et bénéficient de primes et indemnités de toutes sortes.
Autrement dit, nos gouvernants d’aujourd’hui pensent comme De Gaulle, mais évitent de la proclamer trop fort.
Les revendications des agriculteurs, éleveurs, maraîchers, pompiers, enseignants, étudiants, soignants et salariés du privé se ressemblent. Preuves qu’ils ne sont pas des veaux, ils savent que l’argent coule à flot chez les ultra-riches qui ne paient pas d’impôts, mais bénéficient de multiples aides de l’Etat. Ils ont lu les libelles de Gabriel Zucman, de l’Observatoire des multinationales, etc.
Il arrive un jour où les veaux deviennent adultes ; De Gaulle en a fait la cruelle expérience (pour lui). Et si c’était au tour de Macron (et du patronat) de devoir affronter la révolte des veaux, devenus de féroces taureaux.