Il s’agit d’un livre qui fait grandir, œuvre d’un artiste et designer, mais aussi architecte, Alessandro Mandini, et d’un écrivain, poète, Erri De Luca.

Les deux hommes sont des figures de la culture italienne d’aujourd’hui. L’un a exécuté une série de dessins inspirés, dit l’introduction, des traits d’un enfant dyslexique et des monstres qui peuplent ses nuits ou plutôt ses cauchemars. L’autre a écrit des textes qui lui répondent. « L’image et l’écriture s’affrontent quand elles sont mises ensemble. L’image, qui a le public le plus large, utilise l’écriture comme sa propre légende. L’écriture, de son côté, veut que l’image soit son illustration. En l’occurrence les hostilités sont suspendues. Ici, l’image a la priorité et c’est elle qui est à l’origine de la page de droite qui suit », dit la préface.

L’invention, le rêve et l’imaginaire ont donné naissance à un livre d’une finesse et d’une intelligence rares et d’une beauté infinie.

Les deux auteurs nous emportent dans un tourbillon et nous font rêver ; mais surtout, ils nous émerveillent en nous obligeant à réfléchir, donc à grandir.

C’est un livre admirablement mis en page, qui libère l’esprit de toutes les niaiseries télévisuelles et des réseaux sociaux.

Diables gardiens, Gallimard, 95 pages, 16 euros.