Un fait divers, dramatique, certes, a alimenté les médias toujours à l’affût de morbide et de sensationnel. Une fillette a été assassinée par un jeune homme de 23 ans. Un fait divers dramatique, donc, inqualifiable. Oui, mais après ?

Ce jeune homme a été présenté comme violent ; ses accès de violence ne sont pas nouveaux, hélas. Sa place est-elle en prison ou en hôpital psychiatrique ? Ce fait divers, dramatique, aurait-il pu être évité si…

Si, quoi ? Si la médecine était encore présente en milieu scolaire et universitaire. Si la psychiatrie n’était pas encore plus en ruine que d’autres spécialités. Si, en France, on faisait plus d’efforts (financiers) en direction de la prévention, sous toutes ses formes et à tous les âges. En bref, la médecine est malade et dans un état de délabrement tel qu’il laisse entrevoir un effondrement total dans quelques années.

La population vieillit ; les maladies chroniques se multiplient et il faudrait envisager au plus vite une coordination des soins, plutôt que de multiplier les recours aux spécialistes sans coordination.

Faute d’une véritable politique médicale, les gouvernements successifs ont cédé aux nombreux lobbys de certains médecins et autres laboratoires pharmaceutiques.

Les malades sont considérés comme des machines à cash, non pas pour les généralistes mais pour les lobbys du secteur privé et des spécialistes qui multiplient honteusement les dépassements d’honoraires.

Christian Prudhomme, porte-parole CGT des médecins urgentistes dénonce la situation : « Afin de soi-disant plafonner les dépassements, il a été demandé à l’assurance-maladie de proposer aux médecins des contrats qui leur permettent, s’ils respectent des objectifs très peu contraignants, de bénéficier d’avantages financiers. » Une pratique scandaleuse (et qui instaure une médecine à deux vitesses)

Les avantages indus accordés aux lobbys manquent cruellement aux autres médecins, notamment aux psychiatres pour prendre en charge les assassins en puissance dont la place n’est pas en prison mais à l’hôpital.

Si la médecine est malade, seule un ‘’révolution’’ et un changement de régime en viendront à bout pour améliorer la santé de tous.

Il faudrait que les médias, notamment audiovisuels, aillent au-delà de l’émotion provoqué par les assassinats et abordent les problèmes dans toute leur ampleur, celui de l’état réel d’une médecine gravement malade de la politique et des lobbys.