Ce fut à Bruxelles le 25 mai 2017, en marge d’un mini-sommet de l’OTAN, que les yeux du tout jeune président de la République (élu 11 jours plus tôt) se posèrent sur la silhouette épaisse de Donald Trump dans les locaux de l’ambassade des Etats-Unis.
La poignée de main, virile, très virile, entre les deux hommes avait meublé l’actualité. Les commentaires des médias vantaient le rapport de force établi par Emmanuel Macron avec sa pogne du freluquet contenant celle du massif Donald. Les borborygmes de l’Américain (« Vous avez mené une campagne incroyable et remporté une formidable victoire (…) Le monde entier en a parlé. ») avaient ému son homologue français, affichant un sourire niais de satisfaction et un visage rouge de plaisir.
Cette première entrevue pouvait laisser croire à une longue relation de passion et de respect réciproque entre deux vrais politiques, gouvernant avec fermeté. Macron avait tout lieu de penser qu’il avait établi un long compagnonnage avec son illustre alter ego. Ces deux-là, assurément, étaient voués à marquer l’histoire.
Aujourd’hui, le rapport de force entre les deux hommes a tourné à l’avantage du locataire de la Maison Blanche. Le freluquet a été remis à sa place d’occupant d’un fauteuil présidentiel d’un pays de seconde zone, endetté, contesté de partout et qui, ne lui en déplaise, n’est plus celui qui était vanté par le Trump de 2017. L’Américain ne manque pas une occasion de rappeler les déboires d’un petit Français qui s’agite beaucoup mais ne fait que brasser de l’air.
Le freluquet n’ose plus s’afficher avec son peu glorieux aîné, insupportable d’orgueil et méprisant avec délectation pour la démocratie. La méfiance est de rigueur ; la dévotion n’est plus de saison.
Qui osera prendre la plume de Fernand Crommelynck et la caméra d’Antonio Pietrangeli pour renouveler la farce du Cocu magnifique ?