Dans son délire réactionnaire (il a signé 140 décrets au cours de ses 100 premiers jours de mandat), Donald Trump franchit des limites inquiétantes.
Il vient de demander à la Corporation for Public Broadcasting (CPB) « de cesser le financement fédéral de la NPR et du PBS », c’est-à-dire la National Public Radio et le Public Broadcasting Service.
La date n’a pas été choisie au hasard, à la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, qui le 3 mai de chaque année depuis 1993 à l’initiative de l’UNESCO, sert à rappeler aux gouvernements la nécessité de respecter leur engagement en faveur de la liberté de la presse et constitue également une journée de réflexion pour les professionnels des médias sur les questions relatives à la liberté de la presse et à l’éthique professionnelle.
En signant ce décret hier, Trump apporte une nouvelle preuve de sa volonté de s’affranchir de tous les engagements internationaux des Etats-Unis. Il franchit également une nouvelle étape dans ses attaques contre les médias notamment publics, comme le confirme un communiqué de la Maison Blanche qui, selon le président, « ont alimenté le militantisme et la propagande de gauche avec l’argent des contribuables, ce qui est tout à fait inapproprié et constitue une utilisation abusive de l’argent des contribuables. » Le refrain est connu !
Le décret dans lequel Trump estime que le financement fédéral « dans un paysage médiatique riche, divers et innovant, est dépassé, non nécessaire et corrosif pour l’apparence de l’indépendance journalistique ».
On lit là les mêmes arguments utilisés par ceux qui, comme le Rassemblement national ou les Républicains, veulent démanteler le service public de l’audiovisuel pour laisser le champ libre aux médias contrôlés par les milliardaires.
La Journée mondiale de la liberté de la presse n’aura donc jamais été autant nécessaire qu’en cette année 2025. En France, aux Etats-Unis et dans de trop nombreux pays où les capitalistes veulent faire taire ou rendre invisible la colère de leurs victimes, celles d’ArcelorMittal, de LVMH, de STMicroelectronics, de Jennyfer et de bien d’autres.
Il n’y a pas de progrès social sans liberté de la presse et inversement.