Jean-Pierre Elkabbach mort a droit à tous les éloges, y compris parmi ses adversaires ou ceux qu’il a malmené. C’est une curieuse règle de devoir tresser des louanges à des personnalités clivantes au moment de leur décès.

Jean-Pierre Elkabbach a eu une longue carrière dans le journalisme de connivence avec les politiques de droite. Tout cela semble avoir été oublié ; à l’évidence, on ne retient de lui qu’il a été un ‘’grand professionnel’’. Que ceux qu’il a bien servi lui soient reconnaissants n’étonnera donc personne, mais cette unanimité est dérangeante.

On me permettra de ne pas me mêler au concert des pleureuses. Elkabbach a su être féroce, par exemple, quand, après avoir commenté le couronnement de Bokassa en décembre 1977, il retirera à Claude Sérillon la présentation de la revue de presse d’Antenne 2, celui-ci ayant eu l’impudence d’évoquer l’affaire des diamants offerts par le dictateur à Giscard d’Estaing, sujet tabou. Sa présidence de France 2 et France 3 sera également marquée par le scandale des contrats aux animateurs-producteurs et sa démission en 1993.

En 1996, il sera condamné pour des propos manquant de mesure et d’objectivité envers Martine Aubry. Puis, passé sur Europe 1, il sera accusé en 2006 d’avoir demandé à Nicolas Sarkozy de choisir le (ou la) journaliste chargé de le suivre pendant sa campagne à la présidence de la République.

Il finira piteusement sa carrière en se réfugiant auprès de Vincent Bolloré en 2017, à 80 ans ; non seulement il sera son conseiller, mais il effectuera les ‘’grands entretiens’’ du week-end sur CNews. Tout est dit.

Jean-Pierre Elkabbach n’est pas un modèle de journalisme, mais au mieux une caricature de valet à la solde du capitalisme. Et, en aucun cas, un monstre sacré !