S’il y a des jours moroses (voir le billet précédent), il y a heureusement des jours qui incitent plutôt à l’optimisme. Hier soir, à Cannes, l’excellent acteur Robert De Niro nous a apporté ce supplément de gaieté et d’espoir qui nous manque en contemplant la situation mondiale. Une intervention réjouissante.

Robert De Niro, donc, a prononcé un discours en recevant sa palme d’honneur qui nous confirme qu’on ne peut pas réduire les Etats-Unis à la clique de Donald Trump.

Pour De Niro, Donald Trump est inculte. Il a raison et il aurait pu égrainer les noms de l’entourage présidentiel, comme celui d’Elon Musk, mais pas seulement, pour compléter son discours. Trump inculte, certes, mais pas sans programme obscurantiste, inégalitaire, égoïste, revanchard, autoritaire, libertarien.

Robert De Niro a eu des paroles fortes pour défendre la culture : « L’art est inclusif, l’art est en quête de liberté, l’art inclut la diversité et c’est pourquoi l’art est menacé ! C’est pourquoi nous sommes une menace pour les autocrates et les fascistes de ce monde ». Ceci peut s’adresser à Rachida Dati.

Il a ajouté en parlant des Etats-Unis : « Nous luttons d’arrache-pied pour défendre la démocratie que nous considérions toujours comme acquise » puis il a poursuivi à propos de Donald Trump. « Il a tout simplement coupé les fonds pour les sciences humaines, pour la formation supérieure, et il annonce maintenant 100% de droits de douane sur les films produits à l’extérieur des Etats-Unis. C’est inacceptable (…) et ce n’est pas simplement un problème américain, c’est un problème de portée globale. »

En conclusion, il a fort opportunément lancé un appel ses auditeurs sans détours : « Nous devons agir aujourd’hui, tout de suite, sans violence mais avec passion, avec détermination ! Le temps est venu, tout un chacun qui aime la liberté doit organiser, protester et le moment est venu aussi de voter, lorsqu’il y a des élections (…) Ce soir, et dans les 11 jours à venir, nous allons montrer notre engagement en rendant hommage à la liberté, l’égalité, la fraternité. »

Quelle belle chute et quel bel appel à l’engagement. Merci, Monsieur.