Il y a des jours comme celui-là où on se sent mal à l’aise. Ces jours de spleen sont, hélas, de plus en plus nombreux. Aujourd’hui, j’ai honte d’être journaliste et d’apprendre que 490 journalistes du monde entier ont été accrédités pour le procès des braqueurs de Kim Kardashian. Je suis exaspéré.

Le nombre de journalistes, 490, reflète hélas le naufrage de la hiérarchisation de l’information dans une société ultralibérale, sous la pression des réseaux dits sociaux.

Cette boursouflure de Kim Kardashian, devenue star mondiale grâce à la télé-réalité et à une vidéo pornographique, ne mérite pas cette multitude d’envoyés spéciaux, alors que d’autres événements plus tragiques se déroulant dans le monde ne sont même pas cités dans les médias.

Information du néant et de l’insignifiance délivrée par les médias contrôlés par quelques milliardaires d’extrême droite ; les citoyens sont méprisés et invités à admirer une représentante de cette culture du divertissement dont on nous gave chaque jour.

En France, chaque jour, des usines ferment, jetant des familles dans le désarroi et la pauvreté. Des territoires entiers se vident de toute activité industrielle et on nous promet la réindustrialisation. Mais, aujourd’hui, les victimes de la politique des oligopoles sont invitées à admirer le fessier et les seins de Kim Kardashian et à s’extasier devant sa bague à 4 millions de dollars pour oublier leur malheur. Et, demain, on passera à autre chose. Car, ils trouveront une autre information, leur imagination en la matière est sans limite.

Ça suffit !