8 mai 1945, jour de capitulation nazie. Jour de joie, mais jour de larmes pour ceux qui étaient morts, ceux qui n’étaient pas encore rentrés des camps d’extermination, ou ceux, qui en Algérie avaient été victimes de l’occupant colonial à Sétif.

8 mai 1945, promesse de jours heureux, imaginés par le programme du Conseil national de la Résistance. 

8 mai 1945, retour de la République, de la liberté de la presse, instauration du droit de vote des femmes, du plan Langevin-Wallon pour une école de la réussite, de la Sécurité sociale, des nationalisations.

Imagine-t-on ce jour heureux de la capitulation nazie ? Tout ce qui a pu traverser l’esprit de ces citoyens qui retrouvaient la liberté et la paix ? Tout ce qui a changé la vie de millions de salariés ?

Aujourd’hui, nous vivons cette commémoration avec enthousiasme, mais en contemplant les reculs qui ne cessent de rogner les acquis de 1945, en craignant pour la paix menacée (comme en Ukraine, à Gaza, au Yémen, à la frontière entre l’Inde et le Pakistan, dans de trop nombreux pays africains, etc.). Nous contemplons aussi cette ONU immobilisée par les grandes puissances. Nous mesurons les reculs de la liberté de la presse et des droits sociaux. Et nous tremblons en observant le retour de la bête immonde avec ceux qui mélangent racisme, nationalisme étroit et égoïste, libéralisme et autoritarisme, obscurantisme et religiosité, inégalités et pauvreté, individualisme et privatisation.

8 mai 1945, une date belle est généreuse, qu’il ne faut pas oublier, mais pour mieux rebondir et revenir aux jours heureux, à réinventer collectivement avec le même enthousiasme et le même élan militant.