Les richesses des ultra-riches sont dans l’actualité, alors on en parle. Oui, mais comment ?
Léger retour en arrière : on est le mercredi 19 novembre sur franceinfo et Sonia Chironi anime une tranche d’actualité baptisée ‘’Tout est politique’’. Effectivement, tout est politique et on va en avoir la preuve. Au programme : ‘’Taxe : les ultra-riches toujours plus riches’’.
C’est alléchant. Mais pas pour longtemps ; car les débatteurs réunis pour l’occasion sont tous, euh, de droite : Denis Masseglia, député macroniste, Sylvie Pierre-Brossolette, éditorialiste du Point (appartenant à Pinault), Antoine Oberdorff, journaliste à L’Opinion (dans son actionnariat on retrouve Bernard Arnault et la famille Bettencourt), et Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste patentée du libéralisme et chien de garde du service public.
De débat entre ces complices il n’y en eut pas ; tous, à l’unisson, défendant le statut des ultra-riches. Il fallut l’irruption d’un professeur de Sciences Po, Lucas Chancel, pour donner un peu de piment à une conversation polie entre copains ; mais l’intrus fut vite submergé par le quatuor des défenseurs des ultra-riches.
Ce prétendu débat fut une honte pour le service public. D’un service public qu’il faut néanmoins défendre avec véhémence pour s’opposer à sa privatisation, à Dati, à Le Pen et Macron.
On n’attendra rien, non plus de l’émission L’Evénement, animée par Caroline Roux sur France 2 si on en juge par le contenu du communiqué diffusé par la chaîne : « Avec la suspension de la réforme des retraites, plus que jamais la question du financement de l’Etat providence se pose. » Face à la droite et l’extrême droite (tous des hommes) rassemblées autour de Gabriel Attal (EPR), Laurent Wauquiez (LR) et Jean-Philippe Tanguy (RN), les représentants de la gauche, Sandrine Rousseau (Ecologistes) et Clémence Guetté (LFI), auront du mal à faire entendre leurs arguments en défense du modèle social français.
Le service public a joint sa voix à celles des chaînes privées pour démontrer, avec le grand patronat, que, décidément, notre modèle social est une entrave à notre économie ; il est désuet comme le serine le Medef depuis plus de vingt ans.
Avec un tel service public, les ultra-riches peuvent dormir profondément ; quant à Gabriel Zucman ou Lucie Castets, leurs interventions sont de plus en plus rares.
Alors, oui, où est le service public ?