Le scénario a été souvent repris au cinéma : des détenus scient les barreaux de la cellule avec une lime, nouent leurs draps pour franchir le mur d’enceinte de la prison et s’évadent.

Mais c’était le scénario du cinéma en noir et blanc, de ces films policiers intelligents qui, déjà, dénonçaient les conditions carcérales.

En lisant les conditions d’évasion de deux détenus de la prison de Dijon, j’ai cru revoir l’évasion de Gu (Lino Ventura) au début de ce qui est sans doute le meilleur film de Jean-Pierre Melville, Le deuxième souffle. C’était en 1966.

Depuis, les taulards ont changé leurs méthodes d’évasion, jusqu’à utiliser un hélicoptère, une prise d’assaut à coups d’explosifs, les déguisements, etc.

Ce retour à des méthodes anciennes pose des questions sur la situation des prisons françaises. Surtout quand on ajoute que les fugitifs de Dijon sont sortis par la porte d’entrée principale de la prison.

Les prisons, justement, sont surchargées et ne respectent plus les droits de l’homme. Les matons ont dénoncé les conditions de détention.

On savait que l’école, l’hôpital, les transports, bref tous les services publics, étaient à l’agonie avec des personnels désabusés.

L’évasion de Dijon vient de nous rappeler ce triste bilan de la France de 2025 et ce n’est plus du cinéma.