Dans le tumulte de notre monde, il est parfois difficile de faire la part du bien et du mal. Le paysage n’est pas beau à voir au lendemain d’une COP qui a failli ; ceux qui gouvernent sont souvent pitoyables quand on observe avec un peu d’attention ce qui se passe dans les édifices de pouvoir, de la Maison Blanche au Kremlin, du Palais-Bourbon au Palais du Luxembourg, de Bruxelles à Strasbourg.

Le paysage est désolant. Un ex-président brésilien est en prison pour longtemps et un ex-président français est condamné une nouvelle fois.

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation où même ceux qui sont censés nous protéger et nous conduire vers un avenir meilleur nous ont menti et abusé.

Comme souvent, dans ces moments d’accablement devant tant de noirceur, je me replonge dans les lignes écrites par José Saramago, avec lequel je suis de plus en plus en communion spirituelle.

En 2008, déjà, il notait dans son prodigieux Cahier :

« Nous vivons dans une société qui semble avoir fait de la violence un système de relations. La manifestation d’une agressivité qui est inhérente à l’espèce que nous sommes, et que nous pensions avoir contrôlée avec le temps par l’éducation, a surgi brutalement des profondeurs au cours des vingt dernières années dans tout l’espace social, stimulée par des formes d’oisiveté qui ont tourné le dos au simple hédonisme pour se transformer en agents conditionneurs de la mentalité même du consommateur : la télévision tout d’abord, où des imitations de sang de plus en plus parfaites jaillissent à toute heure du jour et de la nuit, les jeux vidéo, qui sont comme des manuels d’instruction pour atteindre la parfaite intolérance et la parfaite cruauté, et, parce que tout cela est lié, les avalanches de publicité de services érotiques auxquels les journaux, y compris les mieux pensants, souhaitent la bienvenue, tandis que dans leurs pages sérieuses – y en a-t-il ? – ils abondent hypocritement en leçons de bonne conduite pour la société. »

Aujourd’hui, il aurait ajouté les méfaits des réseaux sociaux.

Quand je vois les gesticulations inquiétantes d’un parti qui se prétend Républicain (avec des dirigeants comme Retailleau et Wauquiez) s’en prendre à une religion qui n’est pas la leur ; quand je vois les gesticulations de matamore du ministre de la justice ; quand je vois défiler la liste immense des féminicides ; quand je vois les dégâts provoqués par les pourvoyeurs de drogues ; quand je vois la droite priver les librairies, les théâtres et les spectacles culturels de subventions ; etc. Quand je fais donc le bilan, j’éprouve un sentiment de honte et de révolte.

Il est temps de jeter les vieux dogmes du capitalisme et de son libéralisme économique et financier, de réhabiliter la Déclaration des droits de l’Homme, pour revenir au gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.