Il est jeune, il a 33 ans ; il n’est pas né à New York, mais en Ouganda (il est naturalisé depuis 2018) et il est musulman. Il est inconnu en France et je parle de lui parce qu’il a remporté la primaire démocrate pour la mairie de la cité-Etat en s’imposant à Andrew Cuomo, élu et réélu depuis 2010 au poste de gouverneur.

Zohran Mamdani, c’est son nom, vient de remporter la primaire démocrate pour la mairie de New York. Un véritable séisme car il a balayé tous les handicaps (noir, né en Afrique, musulman) ; il a été également soutenu par les figures de proue du socialisme américain, Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez.

Aussitôt les résultats connus, Zohran Mamdani a prononcé un très beau discours, duquel j’ai extrait quelques phrases symboliques :

« Une vie digne ne devrait pas être réservée à quelques privilégiés (…) Si cette campagne a démontré quelque chose au monde, c’est que nos rêves peuvent devenir réalité. Le rêve exige de l’espoir. Et quand je pense à l’espoir, je pense à la coalition sans précédent de New-Yorkais que nous avons construite. Car ce n’est pas ma victoire. C’est la nôtre (…) En ces temps sombres, je sais qu’il est plus difficile que jamais de garder la foi en notre démocratie. Elle a été attaquée par les milliardaires et leurs grosses dépenses, par des élus qui se soucient plus de l’enrichissement personnel que de la confiance du public, et par des dirigeants autoritaires qui gouvernent par la peur. Mais par-dessus tout, notre démocratie a été attaquée de l’intérieur. Pendant trop longtemps, les New-Yorkais se sont efforcés de trouver un leader qui nous représente, qui nous fasse passer en premier. Et nous avons été trahis, encore et encore. Après tant de déceptions, le cœur s’endurcit, la croyance devient insaisissable. Et lorsque nous ne croyons plus en notre démocratie, il devient plus facile pour des gens comme Donald Trump de nous convaincre de sa valeur. Pour que les milliardaires nous convainquent qu’ils doivent toujours diriger. »

Le résultat de cette primaire était très attendu après les compromissions du maire sortant, Eric Adams. Celui-ci, démocrate lui aussi et noir, était accusé de corruption ;  il s’était rapproché de Donald Trump, qui avait réussi à obtenir l’abandon des poursuites en multipliant les pressions sur le juge. La honte.

Zohran Mamdani a rétabli l’honneur du parti démocrate et s’est imposé à l’issue d’une campagne offensive.

Après ce séisme, on attendra avec espoir pour les New-Yorkais l’élection du mois de novembre prochain. Avec l’espoir aussi que l’exemple de la cité américaine ruisselle en France en 2026.