Si Dieu existe, il ne doit pas être particulièrement fier de la Conférence des évêques de France, ni de ses ouailles qui ont crié au scandale après la très belle cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Les mitrés ont réagi plus vite pour condamner cette fête que pour avouer les crimes de l’abbé Pierre !

Les bien-pensants ont clamé haut et fort que le spectacle relevait d’une provocation inadmissible pour la religion (catholique, bien sûr). Le sentiment de ces croyants est si obtus qu’ils voient des offenses partout. Ils ont même confondu Dieu et Dionysos, la Cène avec une fête orgiaque au pied du mont Olympe (pied de nez à l’olympisme).

Ils ont considéré comme hérétique le défilé de mode avec drag queens et se sont étouffés en voyant Marie-Antoinette, tête coupée mais entonnant ‘’Ah, ça ira, ça ira’’.

Heureusement, ils ont abandonné le délit de sacrilège et d’offense qui conduisait le maître de cérémonie païenne au bûcher. Devant ce spectacle grandiose certains ont sans doute rêvé de rétablir le tribunal de l’Inquisition.

Si Dieu existe, il doit se lamenter de voir ses ouailles joindre leurs condamnations à celle des plus extrémistes de la droite réactionnaire et raciste. Ce Dieu qui a, paraît-il, envoyé son fils sur terre pour prêcher la tolérance, la fraternité et l’amour de tous, unis sur un même sol et dans une même destinée, bannissant la haine et la discorde.

La fête olympique est belle ; elle unit pendant quinze jours des jeunes, sportifs, dans une même communion, celle de la liberté, de la fraternité et de la tolérance, comme Jésus l’a prêché.

Nous sommes, hélas, habitués aux éructations des réactionnaires de tous poils ; ils avaient exprimé leur racisme après la vague ‘’black-blanc-beur’’ de 1998 et, aujourd’hui, ils profitent de la politique économique et sociale, rétrograde et obscurantiste d’Emmanuel Macron et de ses ministres ultradroitiers, pour repartir en croisade.

Si Dieu existe, en revanche, il a dû applaudir en observant que les deux premières médailles françaises de la compétition de judo ont été gagnées par deux enfants de l’immigration, Shirine Boukli et Luka Mkheidze.

Thomas Jolly a eu bien raison de vouloir faire de sa cérémonie d’ouverture une fête de la fraternité.  Que les Le Pen, Ciotti, Wauqiez, de Villiers fulminent, c’est un (bon) signe, prouvant la permanence de la démocratie dans le peuple, dans cette France de la Révolution, plus forte que toutes les réactions, qui veulent réécrire l’Histoire.

Après le déferlement de cris racistes et homophobes au cours de la dernière période, un homme de théâtre, bien entouré, a montré le vrai visage que la France devrait afficher chaque jour.Et si Dieu existe, il reconnaîtra les siens !