Loïs Boisson a vingt-deux ans ; elle est une joueuse de tennis au talent fou. Pour preuve, elle était la seule Française présente sur les courts de Roland-Garros la deuxième semaine, bousculant la hiérarchie avec panache en éliminant les 3e et 6e mondiales.

Elle a dû surmonter de nombreuses difficultés pour arriver aux demi-finales du tournoi féminin. Elle a connu des moments de doute quand elle s’est gravement blessée ou quand elle a lancé sans succès une ‘’cagnotte’’ sur les réseaux sociaux pour pouvoir continuer sa carrière.

Sa carrière ? Justement, elle ne la doit qu’à elle-même ; les structures fédérales l’avaient ignorée puis rejetée, alors même que la politique de formation est un fiasco total. Sa performance et son parcours sont autant de pied de nez à des prétendus techniciens chargés de la détection des talents.

La fédération de tennis a des ennuis nombreux et divers et son président est visé par une enquête du parquet de Paris. Les résultats de la prétendue élite sont catastrophiques après les ‘’retraites’’ des joueuses et joueurs les plus en vue.

Loïs Boisson, jeune femme rayonnante, a donc donné une grande claque à la fédération, mais elle a aussi démontré l’absence de politique sportive du gouvernement qui, les Jeux olympiques terminés, a réduit des crédits déjà faméliques.

Loïs Boisson a mis au jour toutes ses lacunes ; elle doit en être également remerciée. 

Benjamin Duhamel est jeune lui aussi. Il a trente ans ; mais il a l’avantage d’être ‘’bien né’’. Il est le fils de Patrice Duhamel, l’ex-directeur général de France Télévisions et de Nathalie Saint-Cricq, directrice des rédactions nationales de France Télévisions (elle-même est la fille du principal actionnaire du quotidien La Nouvelle République du Centre-Ouest à Tours). Benjamin est également le neveu d’Alain Duhamel et cousin d’Amélie Oudéa-Castéra, ex-ministre.

Une telle parentèle ouvre bien des portes. Celles de la rédaction de RTL en 2017 à seulement 22 ans, puis LCI en 2018 et BFM TV en 2019. Il n’est peut-être pas nécessaire de préciser qu’il officie comme journaliste politique bien-pensant dans des entreprises privées bien-pensantes.

C’est sans doute ce qui a donné l’idée à Sybile Veil, la patronne de Radio France (elle aussi bien née), de confier à ce Benjamin Duhamel l’interview politique de 7h50, sans lui demander de quitter la chaîne BFM TV, détenue par le milliardaire Rodolphe Saadé. 

Curieux mélange des genres, qui a provoqué la réaction immédiate des organisations syndicales, mais aussi des producteurs, des réalisateurs et des programmateurs de la Maison ronde, dénonçant un cumul inédit, mettant en évidence le nécessaire attachement au service public et les conflits d’intérêts de ce mélange des genres.

Bref, quand Loïs Boisson doit galérer, Benjamin Duhamel est un petit protégé qu’on se partage et qu’on adule. L’une doit tout à sa persévérance et à son talent, l’autre tout à sa famille, pas à son talent.

Selon que vous serez puissant ou misérable…