Bruno Le Maire, l’écrivain-ministre de l’économie, nous avait caché le montant incroyable de la dette. Pour être à l’abri, il s’est exilé en Suisse. Pas sûr que nos voisins helvètes apprécient qu’un menteur viennent enseigner l’art de la politique économique. D’ailleurs des tags peu amènes l’ont accueilli à son arrivée à l’université.
Bref, Bruno Le Maire parti, la catastrophe de l’économie française s’approfondit, preuve qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de France. Et cette pourriture a un nom, libéralisme.
Le directeur de la conjoncture du cabinet Xerfi, Alexandre Mirlicourtois, lance un pavé dans la mare : « Chaque semaine, depuis le début de l’année, un millier de PME environ disparaissent dans l’indifférence générale, trop petites pour faire les gros titres. C’est pourtant une véritable hécatombe. » Il cite des chiffres qui font frémir comme quand nous avons découvert la réalité de la dette : « Près de 16 600 sont ainsi entrées en procédure collective au premier trimestre, qu’il s’agisse, selon la gravité des situations, d’une procédure de sauvegarde, d’un redressement judiciaire ou d’une liquidation… la plus radicale des issues (7 cas sur 10). En hausse de 2,4% par rapport aux trois premiers mois de 2024, le nombre de défauts explose, ce qui inscrit ce début d’année parmi les plus sombres jamais enregistrés depuis 1991. En élargissant l’échelle du temps à douze mois glissants, le seuil des 67 000 se profile. Record historique. » Et combien de chômeurs en plus ? Record historique en vue malgré les réformes ?
L’économiste qui ne cache pas les vrais chiffres explique les raisons de cette hécatombe : le retrait des aides liées à la crise sanitaire (prêt garanti par l’Etat à rembourser, fin de l’exonération des charges sociales et fiscales), mais aussi flambée du prix des matières premières et de l’énergie, entre autres. Il annonce des chiffres inquiétants à propos du remboursement du prêt garanti par l’Etat (PGE) : « Cinq ans après son lancement, 71% des TPE-PME sont encore engagées dans son remboursement, avec comme date butoir fin 2026. En intégrant les ETI, l’encours résiduel atteint 37 milliards d’euros, soit 25% des volumes empruntés. » Autrement dit, l’hécatombe de PME va s’accentuer dans les prochains mois.
Les médias, les chaînes de télévision surtout, cachent ces chiffres ; ils préfèrent annoncer que le nombre de création d’entreprises reste élevé, environ 400 000 par an. Sans dire que 4 sur 10 d’entre elles échouent dans les cinq premières années.
Alexandre Mirlicourtois n’annonce rien de bon, tant la situation de l’économie tricolore est mauvaise avec des Français qui ont réduit leurs dépenses et l’industrie qui est gravement malade de sa financiarisation : « Les défaillances de PME ne sont plus des accidents passagers : elles s’installent. »
La crise s’est installée. Bruno Le Maire regarde le désastre de l’autre côté du Jura, devant les étudiants de l’université de Lausanne ; Macron multiplie les voyages à l’étranger pour ne plus rien voir. Quant à son gouvernement, il préfère parler de ‘’barbares’’ mettant la France en danger le soir de fête, de maintien de l’ordre, de sécurité pour n’avoir pas de comptes à rendre sur la crise économique et pour ne pas mettre les ultra-riches à contribution pour la résoudre.
Il y a effectivement quelque chose de pourri dans le royaume de France.