Le petit monde des médias est en ébullition sans même attendre la période estivale. La mise à l’écart d’Anne-Sophie Lapix par France 2 à peine annoncée, qu’une autre éviction est communiquée, par France Inter, celle de Sonia Devillers.
On peut toujours trouver des explications à la valse des journalistes-présentateurs ; c’est la vie d’une rédaction. Mais faut-il être pervers pour rapprocher ces deux informations ?
L’une comme l’autre n’a pas révolutionné l’information de service public donnant toujours la priorité aux faits divers et à l’entertainment. Mais, rappelons que France 2 a cherché à innover en rallongeant quelques reportages pour mieux éclairer le téléspectateur, que le 7/10 de France Inter caracole en tête des audiences de la radio et n’a pas hésité pas à remplacer Léa Salamé par Sonia Devillers à 7h50 sans que l’audience n’en souffre.
Alors, pourquoi ces changements ?
Faut-il être pervers pour penser qu’il s’agit d’orienter l’information encore plus à droite dans la perspective des prochaines élections, municipales, présidentielle et (sans doute) législatives durant l’année de mars 2026 à juin 2027 ?
Emmanuel Macron mis dans l’impossibilité de se représenter, le président de la République pense sérieusement à aider les candidats ultra-libéraux à remporter ces scrutins pour empêcher la gauche d’être majoritaire et en état de promouvoir une politique de rupture. Peu lui importe, si le danger de voir le Rassemblement national s’installer à l’Elysée n’est plus à écarter, contrairement à son ambition de réduire son électorat.
Les évictions d’Anne-Sophie Lapix et de Sonia Devillers sont le symbole de la stratégie présidentielle dans la guerre idéologique que le ‘’ni de droite, ni de gauche’’ prétendait représenter. Les noms des ‘‘promus’’ (sans doute Caroline Roux à France 2 et confirmé pour Benjamin Duhamel à France Inter) ne laissent planer aucun doute : la guerre de l’information passe par une nouvelle manœuvre vers la droite la plus réactionnaire.
Pour rappel, Caroline Roux est l’actuelle épouse de Laurent Solly, ex-directeur de cabinet de Sarkozy et actuel patron de Facebook France, c’est-à-dire salarié de Mark Zuckerberg. Benjamin Duhamel est le fils de Patrice Duhamel (ex-directeur général de France Télévisions et ex-directeur général du très droitier Figaro Magazine) et de Nathalie Saint-Cricq (fille du patron de la Nouvelle République du Centre-Ouest). Ce Duhamel-là officie actuellement à BFM-TV et n’abandonnera pas son émission politique Tout le monde veut savoir ; le mélange des genres (service public-privé) dans toute sa splendeur.
Tout ce beau monde, toujours très proche du pouvoir, sait à qui il doit ses promotions et pourquoi chacun a été ‘’élu’’ par les gouvernants. Ce ne sont pas les nouveaux impétrants qui se différencieront du contenu obscurantiste de la galaxie Bolloré.
Quand la guerre idéologique est à ce niveau de mobilisation à droite, il est temps de reprendre les vieux slogans soixante-huitards, ‘’fermons la télé, ouvrons les yeux’’ ou ‘’la police vous parle tous les soirs à 20h’’.