Il y a peu de temps encore, l’été endormait l’actualité ; aujourd’hui, les faits se bousculent. De la farce d’Anchorage aux incendies dans le sud de l’Europe, des manœuvres de l’extrême droite, alliée à la droite (qui n’a plus rien de républicaine), pour réécrire le roman national à l’échec du sommet mondial pour stopper la pollution plastique, le citoyen a de quoi perdre sa boussole.
Il ne faut compter ni sur les médias entre les mains de milliardaires, ni sur les réseaux dits sociaux pour établir une relation entre les faits, à savoir la crise du système capitaliste, qui contrôle, réprime durement et impose son agenda pour assurer la pérennité des ultra-riches.
Il ne reste qu’une seule solution, activer ce qu’Armand Mattelart a appelé la ‘’vigilance démocratique’’, dans un de ses livres, La globalisation de la surveillance (La Découverte, 2008).
Dans cet essai remarquable de lucidité et de pédagogie, il écrit en conclusion :
« Le capitalisme dit post-industriel ou de l’immatériel, en valorisant à des fins d’exploitations marchande les structures de subjectivation, de production de connaissance, de culture et de socialité, a ouvert un nouveau champ de luttes tout à la fois culturelles, sociales et économiques. Ensuite, il importe de tenir les deux bouts de la chaîne : le quotidien et la structure, le local et le global. »
Il esquisse là un beau programme pour que la gauche soit en situation de mettre en échec « le projet hégémonique du nouvel ordre informationnel : la gouvernance unilatérale du Réseau, les logiques d’appropriation privée ou de patrimonialisation de l’information, de la connaissance et du savoir de la part des grandes unités de l’économie globale, le pouvoir des seuls opérateurs du marché à définir des normes techniques ».
Mattelart appelle à la reconquéte des droits sans lesquels il n’y a pas de dignité humaine : droit au travail, à l’éducation, au logement, à la santé, à la communication et à la sécurité, droits bafoués aujourd’hui.
Le chemin sera long pour éclairer les citoyens, rétablir la sérénité entre tous les humains, d’où qu’ils viennent, quoi qu’ils fassent, et mettre fin au système oppressif. Les luttes à venir seront belles, joyeuses, enthousiasmantes.