Tout a été dit et écrit sur les dérives de la Coupe du monde de football 2026 ; tout a été dit et écrit sur l’accaparement de la fête de la jeunesse et du ballon rond par Donald Trump ; tout a été dit et écrit sur le triomphe (?) du football business.
Tout a été dit et écrit, ou presque. Car, nous allons de surprise en mauvaise surprise.
La rencontre d’ouverture, disputée dans le très beau stade Azteca de Mexico, a donné un exemple des dérives du business.
De nombreuses rencontres se déroulent à une heure de forte canicule pour satisfaire les diffuseurs européens, notamment, et ainsi multiplier les droits de diffusion. Pour soulager le corps des joueurs, dit-elle, la FIFA a instauré ce qu’on a appelé une ‘’pause fraîcheur’’ de trois minutes au milieu de chaque mi-temps.
Soulager le corps des joueurs soumis à des chaleurs caniculaires ? Pas seulement. On avait oublié que l’essentiel de la compétition se déroule aux Etats-Unis et que les sports les plus prisés des téléspectateurs (basket-ball, football américain et base-ball) sont une aubaine pour la multiplication des spots publicitaires. Toujours plus de pub.
Et le football a décidé d’imiter le basket-ball dont les rencontres se déroulent en quatre temps au lieu de deux. D’où l’idée d’autoriser la diffusion de pubs durant les pauses fraîcheur.
Mais, en régime d’hyper-capitalisme, il n’y a plus de limites et celles-ci ont été franchies au cours de Mexique – Afrique du Sud. Selon L’Equipe, « alors que les Sud-Africains – qui venaient d’encaisser un second but – s’apprêtaient à engager à la suite de cette pause fraîcheur, l’arbitre brésilien Wilton Sampaio a ordonné aux Bafana Bafana de temporiser… car le diffuseur aux États-Unis (Fox) n’en avait pas terminé avec sa page de publicité. Selon le média The Athletic, l’attente a duré environ quarante secondes, avant que les joueurs d’Hugo Broos ne puissent réengager. »
Quarante secondes, soit le temps d’un spot de pub vendu très cher.
Vive le football au pays du dollar roi, mais à condition que sa diffusion rapporte toujours plus. Et sans que les joueurs aient droit à la parole.
Le football selon l’entourage de Trump (et d’autres), c’est ‘’pousses le ballon avec élégance et tais-toi’’.