Nadav Lapid est un brillant réalisateur israélien, opposant acharné à la politique de Benyamin Netanyahu de longue date. Auteur du film ‘’Oui’’ présenté à Cannes en 2025, il est aujourd’hui la victime d’une campagne de dénigrement et d’appels au boycott de la part d’activistes anti-israéliens au prétexte qu’il a bénéficié d’un financement (à hauteur de 12 %) de l’Israël Film Fund (or, ce fonds est indépendant) et que Lapid a pu présenter son œuvre en Israël.
Je le dis et l’écris sans réserve, les motivations de ce boycott de Nadav Lapid sont imbéciles.
Lapid est, je le répète, antisioniste et un opposant à la politique d’extrême droite du gouvernement israélien ; il accuse le gouvernement de génocide sans réserve et de façon permanente. Ne vient-il pas de déclarer dans Charlie Hebdo : « Gaza n’est pas un accident, c’est le résultat de l’idée que la vie des autres ne compte pas. Le sionisme induit que les autres populations du pays seront toujours inférieures. Il faut refonder un pays où toutes les communautés sont traitées à égalité. »
Le pouvoir israélien, lui, s’est réjoui de ce boycott (ça ne le grandit pas pour autant) en termes honteux : «Nadav Lapid ne comprend pas que les ennemis d’Israël ne font pas la moindre distinction entre nous. Peu importe qu’il essaie autant de leur plaire, ils ne l’ont jamais vu comme l’un d’eux, il sera pour toujours à leurs yeux un Juif d’Israël. ».
Les partisans du boycott en France ont pu avoir un jugement hâtif et erroné, mais on aurait pu attendre la reconnaissance de leur erreur.