La langue française est une langue vivante ; c’est-à-dire qu’elle s’enrichit chaque jour de mots nouveaux ou d’expressions nouvelles. Les mots nouveaux en chassent d’autres, tombant en désuétude ; on ne parle plus aujourd’hui comme on parlait du temps de Molière. C’est heureux ; cependant la langue française reste belle.

La langue française a aussi des modes ; il suffit qu’un groupe utilise une expression pour qu’elle soit reprise très largement. Il a suffi que les météorologues emploient les mots de ‘’dôme de chaleur’’ pour qu’ils soient largement relayés, (notamment par journalistes météo sur les chaînes de télévision) sans en donner les explications scientifiques. Alors, va pour dôme de chaleur, ressassé chaque jour.

Il faut une période relativement récente où on utilisait la préposition ‘’voilà’’ à tout propos (et hors de sa signification), puis Emmanuel Macron a mis l’expression ‘’et donc’’ (sans virgule) à la mode en l’utilisant largement dans ses discours.

Aujourd’hui, c’est la locution adverbiale ‘’en fait’’ qui fait fureur (jusqu’à l’exaspération).

En se plongeant dans le dictionnaire de l’Académie française, on apprend qu’il s’agit d’un tic de langage :

« La locution adverbiale En fait signifie « réellement, vraiment » et « contrairement aux apparences » : c’est le sens qu’elle a dans des phrases comme « Il est en fait maître du pays » ou « La Confédération helvétique est en fait une fédération ». Un regrettable tic de langage se répand qui consiste à l’employer en lieu et place de la conjonction de coordination mais, voire à employer les deux à la fois. Il convient d’éviter cette confusion et de conserver à la locution en fait son sens plein. »

Il n’y a rien de pire que les tics de langage. Alors, essayons de les abandonner. Sans remettre en cause la vitalité de la langue française.