Gianni Infantino est obséquieux avec les gens de pouvoir ; on l’avait vu décerner avec empressement un prix de la FIFA pour la paix à un Donald Trump qui n’en demandait pas tant, puis s’afficher avec le Guignol de la Maison Blanche lors de la remise de la coupe du monde de football.
Et voilà qu’il récidive à l’occasion de la Fête du Trône, où il a déclaré que le Maroc est le plus beau pays du monde, au moment même où 60 000 jeunes Marocains tentaient d’accoster à Ceuta pour fuir un régime dictatorial où la pauvreté est extrême. Infantino pratique l’art du contre-pied, à moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une dose d’imbécillité rarement atteinte par un personnage de haut rang.
On attendait un peu plus de retenue d’un président désavoué par les fédérations nationales du football, européennes, asiatiques ou américaines.
Gianni Infantino n’emprunte sans doute pas les lignes aériennes d’easyjet, sinon il aurait évité une nouvelle bévue.
Les gazettes nous informent que la compagnie britannique à bas coût, immatriculée à Jersey, a ouvert récemment une nouvelle base au Maroc, en se détournant du droit européen pour optimiser ses marges, donc ses bénéfices. Les pilotes, une soixantaine, se voient imposer des contrats d’auto-entrepreneurs, ‘’recrutés’’ par une société sous-traitante, Storm Aviation, basée, elle, en Irlande.
Les syndicats de pilotes ont dénoncé ce montage qui, disent-ils, « reporte sur les pilotes les risques sociaux et financiers tout en conservant un contrôle opérationnel ».
Le Maroc est vraiment le plus beau pays du monde pour les capitalistes. Quant à Infantino, il n’a aucun avis ni sur la pauvreté, ni sur les pratiques des compagnie low cost au Maroc.