La pétition pour dire non à la loi Duplomb affole les compteurs de l’Assemblée nationale. Avec 500 000 signatures, les observateurs ont parlé de moment historique et l’inénarrable sénateur Duplomb, porte-parole de la FNSEA, n’a trouvé que l’argument de l’instrumentalisation par la gauche pour justifier le nombre de signataires. C’est vraiment imbécile.

Aujourd’hui, les compteurs continuent à s’affoler ; les signataires sont plus de 2 millions et rien ne les arrête. Le total gonfle, gonfle.

Les citoyens qui sont allés sur le site de l’Assemblée nationale donnent une leçon d’intelligence collective en s’opposant à une loi dangereuse pour notre santé et l’avenir de la planète.

L’intelligence collective est, en revanche, ce qui a manqué le plus à Ursula von der Leyen et l’armée de fonctionnaires européens qui ont capitulé devant Donald Trump sur la question des relations commerciales avec les Etats-Unis.

En acceptant de se rendre dans les salons pour milliardaires du golf de Turnberry en Ecosse, les représentants de la Commission européenne se sont rendus à Canossa. Trump était chez lui et recevait une présidente très atlantiste. Un rendez-vous mondain en quelque sorte.

L’argument selon lequel l’accord trouvé est un moindre mal pour éviter les mesures de rétorsion, était attendu. Le seul vainqueur politique de la rencontre, c’est Trump. L’Europe a cédé devant ses rodomontades et ses élucubrations. Economiquement, c’est encore Trump qui triomphe avec des droits de douanes qui sont multipliés par 3 et des échanges déséquilibrés puisque l’Europe s’est engagée à acheter des énergies fossiles (dont du gaz de schiste) et des matériels militaires.

Les risques pour l’économie française, déjà exsangue, sont énormes et les spécialistes annoncent par avance une augmentation des faillites d’entreprises.

Les réactions du gouvernement français sont timides et ne sont pas à la hauteur du camouflet infligé par Trump le matamore ; au fond, Macron et Bayrou se félicitent et ils ne manqueront pas de mettre en avant les difficultés accrues des entreprises pour justifier un projet de budget austéritaire, toujours plus austéritaire.

Décidément, il manque à nos gouvernants, souvent autistes et sourds aux revendications du peuple, cette intelligence collective dont font preuve les signataires de la pétition contre la loi Duplomb. Il est donc temps de les renvoyer dans les poubelles de l’histoire.