Les ultra-réactionnaires sont au pouvoir à Washington, pas Donald Trump ; le président des Etats-Unis est l’exécutant d’un programme élaboré notamment par les milliardaires des technologies numériques et leurs suppôts.
Le joueur de golf et ami de Weinstein serait bien incapable d’écrire la moindre ligne du plan d’action qui vise à assurer le leadership du pays sur l’intelligence artificielle. Dans un programme de 25 pages présenté le 23 juillet par Trump, il s’agit en effet de « supprimer les obstacles au leadership américain », car, peut-on lire en préambule, « celui qui possède le plus grand écosystème d’IA établira des normes mondiales en la matière et en tirera de vastes avantages économiques et militaires ».
Donald Trump a abandonné le pouvoir aux ‘’Big Tech’’ des Etats-Unis, pour faire « de nos semi-conducteurs avancés à nos modèles en passant par nos applications, la référence en matière d’IA dans le monde entier et nous assurer que nos alliés s’appuient sur la technologie américaine ». Quel qu’en soit le prix, y compris environnemental, le plan Trump rejette « le dogme climatique radical et la bureaucratie » et, pour montrer sa détermination, il a déjà signé quelques décrets pour libérer les oligopoles d’Amazon, Meta et autres Nvidia de toutes les contraintes. Selon lui, la bureaucratie « étouffe » l’innovation et limite les capacités de calcul nécessaire.
Industrie, médias, éducation doivent se plier aux injonctions de l’IA et de l’idéologie de Trump.
Le ‘’plan d’action de l’Amérique en matière d’IA’’ a le mérite d’être clair et d’annoncer la couleur : le monde entier doit se plier au dogme libertarien de Trump élaboré par les Bezos, Zuckerberg, Musk, Altman et un réseau de think tanks réuni sous le nom d’Atlas.
Demain, penserons-nous américain ? Lirons-nous américain ? Serons-nous éduqués dans des écoles américaines ? Serons-nous asservis à la diplomatie IA américaine ?
Les réponses sont incertaines tant l’atlantisme éblouit les politiciens de droite comme Emmanuel Macron ou Ursula von der Leyen. L’Europe est à la traîne en matière d’IA et de numérique après de trop nombreux abandons et une recherche sous-financée.
Quand on constate que Trump a cédé son pouvoir aux oligopoles des plateformes, et qu’il ne jure que par la puissance de l’innovation américaine, on peut être soucieux du lendemain.