Benyamin Netanyahu poursuit et accélère sa politique d’éradication de toute population arabe dans la bande de Gaza et en Cisjordanie avec une férocité inouïe. Son génocide du peuple palestinien est obsessionnel.
Là-bas, donc, on tue, on affame et on rase tout. Pour, finalement, annexer les territoires palestiniens et créer le Grand Israël, référence à la ‘’Terre promise aux enfants d’Israël’’ de la Bible.
Le peuple israélien n’est pas unanime derrière Netanyahu. Le cinéaste Nadav Lapid (prix du jury à Cannes en 2021 pour le Genou d’Ahed) est l’une des voix contestataires de la politique colonisatrice du gouvernement. Très récemment, il a présenté son nouveau film, Oui (sur Israël après l’attaque du Hamas du 7 octobre), à la Cinémathèque de Jérusalem ; il fait débat. Lapid affronte dignement la controverse :
« De l’étranger, nous sommes perçus comme des collaborateurs et chez nous comme des déserteurs. On attendait de nous que nous mettions le feu aux rues pour arrêter la guerre et nous sommes passifs (…) Nous devons nous poser la question de ce que nous avons montré dans les vingt dernières années. A-t-on vraiment dépeint Israël tel qu’il était ? A-t-on vraiment sondé les tréfonds de l’âme du pays ? Si cela avait été le cas, le public international serait moins sidéré par ce qui se passe à Gaza (…) La beauté existe, j’ai voulu le montrer dans mon film, mais elle est de plus en plus polluée et contaminée, l’amour même est pollué, le pays en devient maudit. »
Lapid se heurte à un gouvernement autoritaire qui n’admet aucune contestation de son action. Le film n’est pas encore interdit, mais le réalisateur s’attend à ce qu’il le soit, surtout après avoir pris connaissance d’un communiqué dans lequel on peut lire :
« Comme vous le savez, il s’agit d’un cinéaste connu pour ses positions extrêmes, qui a choisi d’exploiter les événements traumatisants du 7 Octobre pour créer une satire provocatrice, présentant l’État d’Israël et ses institutions comme un État “malade”, rempli de haine, tout en omettant et en déformant complètement la réalité des atrocités commises par le Hamas contre les citoyens israéliens (…) La diffusion de ce film ne relève pas d’une “critique légitime”, mais constitue une légitimation d’un récit cherchant à masquer les crimes du Hamas, à ternir l’image d’Israël et à porter atteinte au moral national — à un moment où la société israélienne est encore en deuil et tente de se reconstruire à la suite du massacre et de la guerre. »
La Cinémathèque de Jérusalem n’a pas tenu compte de ces phrases assassines et la projection a eu lieu ; elle sera peut-être la seule dans le pays.
Là-bas, on tue, on affame et on rase tout. On censure aussi.
Des voix se lèvent comme celle de Nadav Lapid ; tout n’est pas perdu. Reste l’espoir.