La démocratie, c’est-à-dire, l’organisation sociale du pays, est tourneboulée. Un groupe de 47 députés peut, par exemple, se targuer de détenir aujourd’hui 11 ministères, dont le premier et celui de l’intérieur.

Le pouvoir qui détermine l’organisation sociale est confisqué par une petite caste de réactionnaires rances, celle qui a mené la France à la quasi-faillite.

Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple n’est qu’illusion ; il ne revient plus au peuple de s’administrer. La caste au pouvoir n’a pas été mise en place pour le bonheur du peuple et nous subissons l’inversion de la démocratie ; nous sommes de plus en plus en ploutocratie, tournant le dos aux résultats électoraux.

Dans le contexte de discussion du prochain budget de la nation, la secrétaire générale de la CGT, a eu raison de rappeler que « là où l’on peut faire des économies, c’est sur les aides aux entreprises. C’est 200 milliards d’euros chaque année, un tiers du budget de l’Etat (…) Il faut que le balancier passe de l’autre côté ; aux grandes entreprises et aux plus riches de passer à la caisse. »

Le gouvernement a bien écouté, mais pas entendu ; il est plus sensible aux fortes injonctions des ploutocrates.

Certains affidés des ploutocrates, dans les régions, ont pris un train d’avance. Par exemple, le département du Nord a décidé de ne plus financer Collège au cinéma, un dispositif national qui permet aux collégiens d’aller voir d’excellents films avec leurs professeurs. Le montant de l’économie : 230 000 euros, sur un budget de 3,9 milliards.

Le président (de droite) du conseil départemental, Christian Poiret, a avancé un argument imbécile : « Le cinéma, vous ne pensez pas qu’ils peuvent y aller avec leurs parents ? ». Ainsi, il prive 30 000 collégiens du Nord d’éducation à la culture au moment où celle-ci est la plus nécessaire.

C’est, une fois encore, les ploutocrates qui ne veulent pas toucher à leurs privilèges et qui abandonnent l’éducation nationale au marché, car c’est le marché qui conditionne les moyens attribués à chaque échelon du pouvoir. Pour eux, la culture n’est pas nécessaire au peuple.

Le marché est d’ailleurs de plus en plus soumis aux règles dictées par les ploutocrates, qui ont mis en place des structures privées pour les faire respecter. Les cabinets de conseil sont de puissants gardiens des dogmes. Le gouvernement est sous leur influence comme l’a montré Elise Lucet dans son émission Cash Investigation sur le cabinet McKinsey.

Les médias sont, eux aussi, sous contrôle étroit et Elise Lucet est passée à côté du sujet en voulant faire de son émission un spectacle où la journaliste doit rester la vedette. Elle n’a pas mis en exergue, ainsi que l’a noté Télérama, « comment les consultants sont devenus des acteurs invisibles au sein des gouvernements, ce qui affaiblit la transparence nécessaire au fonctionnement démocratique. Le documentaire minimise également l’ampleur des conflits d’intérêts, qui sont bien plus répandus qu’il ne le montre. »

Le mal est profond. La ploutocratie tien bon le gouvernail du système économique et financier mondial celui qui, comme le soutenait José Saramago (on y revient toujours) « n’est pas démocratique parce que ce n’est pas le peuple qui l’a élu, qui n’est pas démocratique parce qu’il n’est pas régi par le peuple, et qui n’est pas démocratique, enfin, parce qu’il ne vise pas le bonheur du peuple ».

La France du 14 juillet 1789 est à réinventer.