Quand Rachida Dati parle, il est prudent d’être méfiant ; entendez par là qu’elle dit tout et son contraire et n’importe quoi. 

Mais elle fait preuve d’opiniâtreté en vilipendant le service public de l’audiovisuel et la culture avec une férocité inhabituelle de la part d’une ministre de la culture dont le budget se réduit chaque année.

Elle dit n’importe quoi, mais la voix du peuple sait parfois se faire entendre. Le plus beau droit de réponse est venu d’Avignon où un débat dans le cloître Saint-Louis réunissait Sophie Binet (CGT), Xavier Bertrand (Hauts de France) et Maria Carmella de France Festivals. Une petite voix s’est levée et a déclaré :

« Je n’ai pas l’habitude de prendre la parole. Je voulais juste faire un témoignage. Je suis ouvrière. Et je suis là. Pardon. Et mes congés, c’est le Festival d’Avignon. Parce que j’en rêvais. Et j’ai ma place ici. Je ne comprends pas tout. Je n’ai peut-être pas toutes les références, parce que je n’ai pas eu la famille qu’il faut. Mais peu importe. Moi, je suis humaine. Moi, j’ai besoin d’art dans ma vie. Pour donner du sens à ma vie comme n’importe qui. Et ça me parle. Et ça me fait rêver. Et ça fait chaud en moi. Et j’en ai besoin. Et je veux que ce soit public. Parce que j’écoute France Culture un peu. Et j’écoute France Inter. Moi aussi. Je n’écoutais pas avant. Ben non, j’écoutais la télé. Et j’ai entendu, j’ai écouté, j’ai tendu l’oreille, j’ai dit c’est sympa, c’est doux. Je me suis habituée. Mon oreille s’est habituée. On s’habitue à tout. À l’art, à la beauté, à la connaissance. Et je veux absolument que vous continuiez ce que vous faites. Pour moi, c’est super important. Vital même. Surtout en ce moment. »

Le droit de réponse à Rachida Dati est digne. Superbe. Spontané. La ministre ne réagira pas ; c’est sans doute mieux pour elle, car les quelques phrases de ‘’l’ouvrière d’Avignon’’ l’ont totalement discréditée.

Autre problème, autre droit de réponse.

Ils sont 316 députés à avoir voté la loi dite Duplomb qui autorise à nouveau l’utilisation des pesticides cancérigènes par les agriculteurs et promeut les méga-bassines. Comme à Avignon, une voix s’est élevée. Celle d’une jeune étudiante de 23 ans qui a lancé une pétition citoyenne sur la plateforme de l’Assemblée nationale.

Le résultat est époustouflant : elle a recueilli plus de 900 000 signatures à ce jour. Avec un enthousiasme tel que le Parlement pourrait être appelé à revoir sa copie.

Ce phénomène est inédit dans l’histoire de la Ve République. Preuve que les citoyens sont plus vigilants que les députés qui ont voté une loi que la pétition présente comme « une aberration scientifique, éthique et environnementale ».

Le droit de réponse de la jeune étudiante, Eléonore Pattery, est digne. Superbe. Spontané. Le sénateur Duplomb est, lui aussi, discrédité. La FNSEA aussi.

Dans ce monde troublé, il y a encore des raisons d’espérer.