Le 4 octobre 2007, Denis Kessler, l’ex-numéro 2 du MEDEF, s’épanchait dans le magazine Challenges :

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Le 14 mars 2023, Thomas Piketty, l’économiste écrivait dans son blog :

« Aujourd’hui Macron ne cherche même plus à faire semblant et à jouer au modernisateur de l’Etat social : la réforme des retraites de 2023 vise simplement à lever de l’argent, sans aucun objectif d’universalité ou de simplification (…) En affaiblissant l’Etat social au lieu de l’étendre, le gouvernement affaiblit le pays et sa place dans le monde. » 

En juillet 2025, en plein cœur de l’été, François Bayrou annonce vouloir continuer, sinon parachever la casse du programme du CNR, pour le plus grand soulagement du patronat.

Retraites laminées, fonction publique, cinquième semaine de congés payés, jours fériés, tout y passe.

Dans les milieux conservateurs on a de la suite dans les idées et le détricotage des acquis sociaux ne les a jamais abandonnés. Ils cassent tout ce qui faisait du modèle social français un exemple convoité par les classes laborieuses dans le monde.

Pour cela ils manient habilement les mensonges relayés par les médias aux ordres, n’hésitant pas à marteler que les Français travaillent moins que les Allemands en s’appuyant sur des statistiques de l’OCDE manipulées pour les besoins de la cause.

Pour autant la messe n’est pas dite et le tandem Macron-Bayrou joue avec le feu.